Amortissement dégressif 2026 : calcul, taux et exemple

8 juillet 2026
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Elouan Vienne
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Comptable calculant un tableau d'amortissement dégressif sur ordinateur

Qu'est-ce que l'amortissement dégressif ?

L'amortissement est la constatation comptable de la perte de valeur d'un bien utilisé durablement dans votre activité (matériel, machine, véhicule utilitaire, informatique). Plutôt que de déduire son coût en une seule fois, vous répartissez la dépense sur sa durée d'utilisation.

L'amortissement dégressif est l'un des deux grands modes de calcul, avec l'amortissement linéaire. Sa particularité : les annuités sont plus élevées les premières années, puis diminuent progressivement. Il permet donc de déduire davantage au début de la vie du bien, ce qui constitue un avantage de trésorerie non négligeable pour une entreprise qui investit.

Bon à savoir : le dégressif ne fait pas déduire plus au total. Sur toute la durée, vous amortissez exactement le même montant qu'en linéaire (le prix de revient du bien). Il déplace simplement la déduction vers les premières années.

Amortissement dégressif ou linéaire : quelle différence ?

En linéaire, vous déduisez chaque année la même fraction du bien. Un matériel amorti sur 5 ans donne cinq annuités identiques de 20 %.

En dégressif, vous appliquez chaque année un taux constant, mais à une base qui diminue : la valeur nette comptable restante (le prix de revient moins les amortissements déjà pratiqués). Les annuités sont donc dégressives.

CritèreLinéaireDégressif
Base de calculPrix de revient (constant)Valeur nette comptable (décroissante)
RépartitionAnnuités identiquesFortes au début, faibles à la fin
Point de départDate de mise en servicePremier jour du mois d'acquisition
Biens d'occasionÉligiblesExclus (bien neuf uniquement)
Durée minimaleAucuneAu moins 3 ans

Le linéaire est le régime de droit commun ; le dégressif est une option réservée à certains biens, que l'on choisit pour son avantage fiscal des premières années.

Les coefficients de l'amortissement dégressif en 2026

Le taux dégressif s'obtient en multipliant le taux linéaire par un coefficient légal qui dépend de la durée normale d'utilisation du bien. Ces coefficients, fixés par l'article 39 A du Code général des impôts, sont inchangés en 2026 :

Durée normale d'utilisationCoefficient
3 ou 4 ans1,25
5 ou 6 ans1,75
Plus de 6 ans2,25

Un bien dont la durée d'usage est inférieure à 3 ans ne peut pas être amorti en dégressif.

À noter : ces coefficients s'appliquent à la plupart des biens éligibles. Des coefficients majorés ont existé par le passé pour soutenir l'investissement, mais aucun dispositif temporaire de majoration n'est en vigueur en 2026 : ce sont bien les coefficients 1,25 / 1,75 / 2,25 qui s'appliquent.

Comment calculer le taux dégressif ?

La formule est simple :

Taux dégressif = (100 % ÷ durée d'utilisation) × coefficient

Quelques exemples :

  • Bien sur 4 ans : taux linéaire 25 % × 1,25 = 31,25 %
  • Bien sur 5 ans : taux linéaire 20 % × 1,75 = 35 %
  • Bien sur 8 ans : taux linéaire 12,5 % × 2,25 = 28,125 %

Ce taux constant s'applique ensuite, chaque année, à la valeur nette comptable du bien (et non à son prix d'origine).

Quand basculer du dégressif vers le linéaire ?

C'est la mécanique clé du dégressif. Comme la base diminue chaque année, l'annuité dégressive finit par devenir plus faible que ce qu'un simple étalement linéaire sur les années restantes donnerait. À ce moment-là, la règle impose de basculer vers le linéaire pour ne pas perdre d'amortissement.

Concrètement, chaque année vous comparez :

  • l'annuité dégressive (taux dégressif × valeur nette comptable) ;
  • l'annuité linéaire sur la durée restante (valeur nette comptable ÷ nombre d'années restantes).

Dès que la seconde devient supérieure ou égale à la première, vous basculez : les annuités restantes sont alors égales et vous amortissez le solde de façon régulière.

Bon à savoir : cette bascule n'est pas une option, c'est une règle de calcul. Un bon logiciel comptable ou votre expert-comptable la gère automatiquement dans le plan d'amortissement.

Exemple chiffré complet

Prenons un matériel professionnel neuf de 10 000 €, amorti sur 5 ans. Le taux dégressif est de 20 % × 1,75 = 35 %.

AnnéeBase (VNC début)CalculAnnuitéVNC fin
110 000 €10 000 × 35 %3 500 €6 500 €
26 500 €6 500 × 35 %2 275 €4 225 €
34 225 €4 225 × 35 %1 478,75 €2 746,25 €
42 746,25 €bascule linéaire (÷ 2)1 373,13 €1 373,13 €
51 373,13 €solde1 373,13 €0 €

En année 4, il reste 2 ans à courir : l'annuité linéaire (2 746,25 ÷ 2 = 1 373,13 €) devient supérieure à l'annuité dégressive (2 746,25 × 35 % = 961 €). On bascule donc, et les deux dernières annuités sont égales. Le total amorti est bien de 10 000 €.

Comparez avec le linéaire, qui aurait donné 2 000 € par an : le dégressif vous fait déduire 3 500 € dès la première année, soit 1 500 € de charge supplémentaire au début, et donc une économie d'impôt anticipée.

Quels biens sont éligibles au dégressif ?

Le dégressif n'est pas ouvert à tous les biens. Il concerne principalement des biens d'équipement neufs dont la durée d'usage est d'au moins 3 ans :

  • matériels et outillages industriels ;
  • matériel de manutention ;
  • installations de production et machines ;
  • matériel informatique ;
  • certaines installations et équipements de recherche.

Sont en revanche exclus du dégressif :

  • les biens d'occasion ;
  • les biens dont la durée normale d'utilisation est inférieure à 3 ans ;
  • les véhicules de tourisme (voitures particulières), les mobiliers de bureau, les immeubles d'habitation et, de manière générale, les biens non expressément visés par le régime.
À noter : les véhicules utilitaires peuvent, sous conditions, être amortis en dégressif, contrairement aux voitures particulières qui relèvent du linéaire et sont en plus soumises à un plafond de déductibilité selon leur taux d'émission de CO₂.

Dégressif et professions libérales (BNC) : attention

L'amortissement dégressif est principalement pensé pour les entreprises industrielles et commerciales relevant des BIC (et pour les sociétés soumises à l'impôt sur les sociétés). Les titulaires de bénéfices non commerciaux (professions libérales) peuvent en théorie appliquer le dégressif sur les biens éligibles inscrits à leur registre des immobilisations, mais peu de matériels du quotidien d'un cabinet libéral y ouvrent droit : mobilier, agencements, véhicule de tourisme et matériel d'occasion en sont exclus.

En pratique, la majorité des libéraux amortissent leur matériel en linéaire. Si vous exercez en profession libérale, le sujet à maîtriser est plutôt les règles générales d'amortissement du matériel professionnel et la bonne tenue de votre registre des immobilisations.

Pourquoi choisir le dégressif quand il est possible ?

L'intérêt du dégressif est avant tout un avantage de trésorerie. En déduisant davantage les premières années :

  • vous réduisez votre bénéfice imposable au moment où vous venez d'engager la dépense ;
  • vous décalez une partie de l'impôt vers plus tard (effet de trésorerie positif) ;
  • vous alignez la charge comptable sur la réalité économique de certains équipements, qui perdent l'essentiel de leur valeur au début de leur vie.

Ce choix a toutefois des limites : si votre activité démarre et que vous êtes peu ou pas imposable les premières années, concentrer la déduction au début a moins d'intérêt. L'arbitrage dégressif / linéaire dépend donc de votre situation fiscale prévisionnelle.

Bon à savoir : le mode d'amortissement se décide au moment de l'inscription du bien à l'actif. Un expert-comptable simule l'impact des deux méthodes sur votre résultat et votre impôt avant de trancher.

Comment un expert-comptable optimise vos amortissements

Le choix du mode d'amortissement, la durée retenue, la gestion de la bascule dégressif/linéaire et la cohérence du registre des immobilisations sont des points techniques qui se traitent au cas par cas. Un expert-comptable :

  • identifie les biens réellement éligibles au dégressif ;
  • simule l'économie d'impôt des deux méthodes selon votre résultat prévisionnel ;
  • construit et suit le plan d'amortissement dans la durée ;
  • sécurise le traitement fiscal en cas de revente du bien (calcul de la plus-value).

Bien piloté, l'amortissement est un levier fiscal simple mais souvent sous-exploité.

En résumé

L'amortissement dégressif permet de déduire plus vite le coût d'un équipement neuf grâce à des coefficients de 1,25, 1,75 ou 2,25 selon sa durée d'utilisation. Le taux constant s'applique à la valeur nette comptable décroissante, jusqu'au moment où l'on bascule vers le linéaire pour amortir le solde. Réservé à certains biens d'équipement neufs d'une durée d'au moins 3 ans, il constitue un vrai levier de trésorerie pour les entreprises qui investissent — à condition d'être bien paramétré. En cas de doute, un expert-comptable arbitre entre dégressif et linéaire selon votre situation fiscale réelle.

Les questions fréquentes (FAQ)

Quels sont les coefficients de l'amortissement dégressif en 2026 ?

Ils sont de 1,25 pour une durée d'utilisation de 3 ou 4 ans, 1,75 pour 5 ou 6 ans, et 2,25 au-delà de 6 ans. Ces coefficients, fixés par l'article 39 A du CGI, sont inchangés en 2026.

Comment calcule-t-on le taux d'amortissement dégressif ?

On multiplie le taux linéaire (100 % ÷ durée d'utilisation) par le coefficient correspondant. Par exemple, pour un bien amorti sur 5 ans : 20 % × 1,75 = 35 %. Ce taux s'applique chaque année à la valeur nette comptable restante.

Quand faut-il basculer du dégressif vers le linéaire ?

Dès que l'annuité linéaire calculée sur la durée restante (valeur nette comptable ÷ années restantes) devient supérieure ou égale à l'annuité dégressive. À partir de ce moment, les annuités restantes sont égales.

L'amortissement dégressif fait-il déduire plus qu'en linéaire ?

Non, pas au total. Sur toute la durée, vous amortissez le même montant (le prix de revient du bien). Le dégressif concentre simplement la déduction sur les premières années, ce qui procure un avantage de trésorerie.

Quels biens ne peuvent pas être amortis en dégressif ?

Les biens d'occasion, les biens d'une durée d'utilisation inférieure à 3 ans, les voitures particulières, le mobilier de bureau et, plus généralement, tout bien non expressément visé par le régime. Le dégressif exige un bien neuf.

Une profession libérale peut-elle utiliser l'amortissement dégressif ?

En théorie oui pour les biens éligibles inscrits au registre des immobilisations, mais en pratique peu de matériels d'un cabinet libéral y ouvrent droit. La plupart des libéraux amortissent en linéaire ; un expert-comptable vérifie l'éligibilité au cas par cas.

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