Guide complet · professions libérales & santé

La société civile de moyens (SCM)

La SCM est la structure préférée des professionnels de santé et libéraux qui veulent partager des locaux, du matériel et du personnel sans mettre en commun leurs revenus. Voici comment elle fonctionne, sa fiscalité, et comment la créer sereinement.

La SCM en bref

  • ObjetPartage de moyens
  • Associés minimum2 libéraux
  • Impôt sur les sociétésNon (transparente)
  • Déclaration annuelleFormulaire 2036
  • TVASouvent exonérée (santé)
  • ResponsabilitéIndéfinie, conjointe
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Qu'est-ce qu'une société civile de moyens ?

La société civile de moyens (SCM) est une société civile dont l'objet est de faciliter l'exercice de l'activité de ses associés en mettant à leur disposition des moyens matériels et humains : un local, du matériel, un secrétariat, du personnel, des consommables… Elle ne réalise pas d'actes professionnels et ne partage pas les honoraires.

Chaque associé reste un professionnel indépendant : il conserve sa patientèle ou sa clientèle, facture pour son compte, et encaisse ses propres honoraires. La SCM ne sert qu'à répartir les charges communes.

Bon à savoir : la SCM est la structure la plus utilisée par les professionnels de santé (médecins, kinésithérapeutes, infirmiers, dentistes, sages-femmes…) et les libéraux qui partagent un cabinet sans vouloir fusionner leur activité.

SCM : pour qui ?

La SCM s'adresse à tous les professionnels libéraux qui souhaitent mutualiser leurs frais tout en gardant leur indépendance. Elle peut être monoprofessionnelle (plusieurs kinésithérapeutes) ou pluriprofessionnelle (un médecin, un infirmier et un ostéopathe dans une maison de santé). C'est le cœur des professions libérales et de santé que nous accompagnons : médecins, kinésithérapeutes, infirmiers, ostéopathes

Avantages et limites de la SCM

AvantagesPoints de vigilance
Partage des frais (loyer, matériel, personnel)Responsabilité indéfinie des associés
Indépendance totale de chaque associéComptabilité et déclaration 2036 à tenir
Souplesse de fonctionnementNécessite des statuts et une gestion rigoureuse
Économies d'échelleRègles de TVA à surveiller (art. 261 B)
Facilite le remplacement et la transmissionEntente entre associés indispensable

La fiscalité de la SCM

La SCM est fiscalement transparente (société de personnes, article 8 du CGI). Elle n'est pas soumise à l'impôt sur les sociétés : elle refacture les frais communs à ses associés, qui déduisent leur quote-part sur leur propre déclaration.

Qui ?Obligation
La SCMDéclaration annuelle n° 2036 (répartition des charges)
Chaque associéDéclaration 2035 (BNC) avec sa quote-part de charges SCM
La SCMCFE au titre des locaux, tenue d'une comptabilité
À noter : la déclaration 2036 est à télétransmettre chaque année, en général avant le 20 mai pour un exercice clos au 31 décembre.

SCM et TVA : l'exonération de l'article 261 B

Les remboursements de frais versés par les associés à la SCM peuvent être exonérés de TVA (article 261 B du CGI), à deux conditions :

  • les sommes refacturées correspondent exactement au prix coûtant des dépenses communes ;
  • tous les associés exercent une activité elle-même exonérée de TVA (ou avec un droit à déduction limité).

C'est très fréquent en santé, où les actes de soins sont exonérés. Attention : si un associé est assujetti à la TVA pour plus de 20 % de son activité, l'exonération peut tomber pour l'ensemble. Ce point mérite une analyse au cas par cas.

Comment créer une SCM en 4 étapes

1

Rédiger les statuts

Objet, capital (librement fixé), répartition des parts, règles de fonctionnement et de sortie.

2

Constituer le capital

Apports en numéraire ou en nature, déposés selon les modalités prévues aux statuts.

3

Publier et immatriculer

Annonce légale puis dépôt du dossier d'immatriculation au greffe pour obtenir le Kbis.

La 4e étape — souvent oubliée — est de mettre en place la comptabilité et la répartition des charges dès le premier jour. C'est là qu'un expert-comptable fait gagner du temps et évite les erreurs.

SCM, SCP ou SEL : quelle différence ?

StructureCe qu'on met en commun
SCMUniquement les moyens (locaux, matériel). Revenus indépendants.
SCPLes moyens et l'exercice : les honoraires sont partagés.
SEL (SELARL, SELAS…)Exercice en société de capitaux, avec optimisation de la rémunération.

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Questions fréquentes sur la SCM

Tout ce qu'il faut savoir sur la société civile de moyens.

Qu'est-ce qu'une société civile de moyens (SCM) ?

La SCM est une société civile qui permet à plusieurs professionnels libéraux de mettre en commun des moyens (locaux, matériel, secrétariat, personnel) pour exercer leur activité, tout en restant totalement indépendants. Elle ne partage ni les bénéfices ni la patientèle : chaque associé conserve sa propre clientèle et ses propres revenus.

Quelle est la différence entre une SCM et une SCP ?

La SCM met seulement en commun des moyens : chaque associé facture et encaisse pour son compte. La SCP (société civile professionnelle) va plus loin : les associés exercent en commun et partagent les honoraires. La SCM est donc plus souple et préserve l'indépendance de chacun.

Une SCM paie-t-elle de l'impôt sur les sociétés ?

Non, en principe. La SCM est fiscalement transparente (société de personnes) : elle ne réalise pas de bénéfice, elle refacture les frais communs à ses associés. Chaque associé déduit sa quote-part de charges dans sa déclaration 2035. La SCM dépose chaque année une déclaration n° 2036.

La SCM est-elle soumise à la TVA ?

Les remboursements de frais aux associés peuvent être exonérés de TVA au titre de l'article 261 B du CGI, à deux conditions : les sommes doivent correspondre exactement au prix coûtant, et tous les associés doivent exercer une activité elle-même exonérée (cas fréquent en santé). Si un associé est assujetti à la TVA pour plus de 20 % de son activité, l'exonération peut tomber.

Qui peut créer une SCM ?

Toute personne exerçant une profession libérale : médecins, kinésithérapeutes, infirmiers, dentistes, ostéopathes, sages-femmes, avocats, architectes… Il faut au minimum deux associés. La SCM peut être mono ou pluriprofessionnelle.

Quelle est la responsabilité des associés d'une SCM ?

La responsabilité est indéfinie mais conjointe (non solidaire) : chaque associé répond des dettes de la SCM à proportion de sa part dans le capital. Il est donc important de bien cadrer la gestion et de tenir une comptabilité rigoureuse.

Quelle déclaration fiscale pour une SCM ?

La SCM dépose chaque année la déclaration n° 2036, qui récapitule les charges de l'exercice et leur ventilation entre les associés. Elle est télétransmise, en général avant le 20 mai pour un exercice clos au 31 décembre.

Comment créer une SCM ?

Il faut rédiger les statuts, constituer un capital (librement fixé), déposer le dossier d'immatriculation au greffe et publier une annonce légale. Un expert-comptable sécurise le montage, la répartition des parts et la comptabilité dès le départ.