EI ou SELARL : pourquoi ce choix est décisif
Si vous hésitez encore plus largement sur votre statut de départ, notre panorama Quel statut choisir pour une profession libérale pose les bases avant d'entrer dans ce comparatif.
Choisir entre l'entreprise individuelle (EI) et la **SELARL** (société d'exercice libéral à responsabilité limitée), ce n'est pas remplir un formulaire différent. C'est décider de la manière dont votre activité sera imposée, dont vous serez couvert socialement, dont vous vous rémunérerez, et de ce que vous pourrez transmettre demain.
L'EI, c'est la simplicité : un statut allégé, sans capital, sans assemblée générale, où vous et votre activité ne faites qu'un sur le plan juridique et fiscal. La SELARL, c'est une véritable société : une personne morale distincte de vous, avec un capital, des statuts et une comptabilité plus lourde, mais aussi des leviers de pilotage que l'EI n'offre pas.
Le bon statut dépend de votre niveau de revenu, de vos projets (associer un confrère, transmettre, investir), de votre besoin de trésorerie personnelle et de votre appétence pour le formalisme. Ce guide passe en revue chaque critère de décision.
Bon à savoir : changer de statut en cours de carrière est possible et fréquent. Beaucoup de professionnels libéraux démarrent en EI, puis passent en SELARL quand leur activité se développe. Le choix initial n'est pas gravé dans le marbre.
L'entreprise individuelle en 2026 : simplicité et patrimoine protégé
L'entreprise individuelle est le statut historique du professionnel libéral. Vous exercez en votre nom propre, sans créer de structure séparée. C'est le mode d'exercice le plus léger à créer et à gérer.
Depuis 2022, le statut unique de l'entrepreneur individuel a fait évoluer l'EI. L'ancienne distinction entre EI « classique » et EIRL a disparu au profit d'un statut unique qui protège désormais par défaut votre patrimoine personnel. Concrètement, votre patrimoine professionnel (les biens utiles à votre activité) est séparé de votre patrimoine personnel (résidence, comptes privés) : en cas de difficulté, vos créanciers professionnels ne peuvent en principe saisir que votre patrimoine professionnel. Cette réforme a levé l'un des principaux reproches historiques faits à l'EI : le risque sur le patrimoine personnel.
Important : cette séparation des patrimoines s'applique automatiquement depuis 2022, sans démarche. Attention toutefois : si vous vous portez caution personnelle d'un emprunt professionnel, ou en cas de manœuvres frauduleuses, cette protection peut être remise en cause. La banque demande d'ailleurs souvent une caution personnelle.
Sur le plan fiscal, l'EI d'un professionnel libéral relève de l'impôt sur le revenu (IR), dans la catégorie des bénéfices non commerciaux (BNC). Votre bénéfice est directement ajouté à vos autres revenus et à ceux de votre foyer, puis imposé au barème progressif de l'IR.
Micro-BNC ou déclaration contrôlée : les deux régimes de l'EI
En entreprise individuelle, vous avez le choix entre deux régimes d'imposition de vos bénéfices, selon votre niveau de recettes.
Le micro-BNC est un régime ultra-simplifié, accessible tant que vos recettes annuelles ne dépassent pas 83 600 € en 2026. Vous ne déduisez pas vos charges réelles : l'administration applique un abattement forfaitaire de 34 % sur vos recettes, censé représenter vos frais. Vous êtes imposé sur les 66 % restants. C'est simple, mais l'abattement est figé : si vos charges réelles dépassent 34 % de vos recettes, vous êtes perdant.
La déclaration contrôlée (déclaration n° 2035) est le régime réel du BNC. Vous déduisez l'ensemble de vos charges réelles : loyer, personnel, matériel, cotisations, assurances, frais de véhicule, amortissements, intérêts d'emprunt. C'est le régime obligatoire au-delà du plafond micro, et souvent le plus avantageux dès que vos charges sont significatives.
- Micro-BNC : abattement forfaitaire de 34 %, pas de comptabilité détaillée, idéal en début d'activité ou pour les activités à faibles charges.
- Déclaration contrôlée : déduction des charges réelles, comptabilité complète, adaptée dès que vos frais réels sont élevés.
- Le passage de l'un à l'autre est possible et se décide selon votre structure de charges.
Bon à savoir : le micro-BNC séduit par sa simplicité, mais il n'est pertinent que si vos charges réelles restent inférieures à l'abattement de 34 %. Dès que vous investissez (matériel, local, personnel), la déclaration contrôlée devient presque toujours plus intéressante.
Les cotisations sociales du professionnel en EI
En entreprise individuelle, vous êtes un **travailleur non salarié (TNS) affilié à la Sécurité sociale des indépendants et à votre caisse de retraite libérale. Vos cotisations sont calculées sur votre bénéfice** (recettes moins charges déductibles), et non sur votre chiffre d'affaires brut.
C'est un point structurant : en EI à l'IR, la totalité de votre bénéfice constitue l'assiette de vos cotisations sociales, même si vous n'avez pas « sorti » tout cet argent pour vos dépenses personnelles. Ces cotisations financent votre retraite de base et complémentaire, votre couverture maladie-maternité, vos indemnités journalières et votre régime invalidité-décès. Elles sont, pour l'essentiel, déductibles de votre bénéfice imposable.
À noter : en EI à l'IR, vous ne pouvez pas piloter finement l'assiette de vos cotisations. Tout le bénéfice cotise, que vous l'ayez consommé ou laissé sur votre compte professionnel. C'est l'une des différences majeures avec la SELARL, où vous choisissez votre rémunération.
La SELARL en 2026 : une vraie société pour exercer
La SELARL est une société d'exercice libéral, l'équivalent de la SARL adaptée aux professions libérales réglementées (santé, droit, chiffre, technique). Contrairement à l'EI, c'est une personne morale distincte de vous : elle a son propre patrimoine, son propre capital, sa propre comptabilité, et elle contracte en son nom.
Créer une SELARL suppose de rédiger des statuts, de constituer un capital social, d'immatriculer la société et, selon votre profession, d'obtenir l'inscription auprès de votre ordre. Vous devenez le gérant de cette société et vous pouvez y accueillir des associés (d'autres professionnels de votre discipline, sous conditions réglementaires).
Fiscalement, la SELARL est soumise à l'**impôt sur les sociétés (IS) : la société paie l'impôt sur son bénéfice, à 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice puis 25 % au-delà**. Vous, dirigeant, êtes imposé personnellement uniquement sur ce que vous vous versez : votre rémunération et, le cas échéant, vos dividendes. Cette séparation entre le résultat de la société et vos revenus personnels est le cœur du mécanisme SELARL : elle ouvre des possibilités de pilotage inaccessibles en EI.
Bon à savoir : en tant que gérant majoritaire de SELARL, vous restez un travailleur non salarié (TNS). Vous ne devenez pas assimilé-salarié comme dans une SELAS. Votre protection sociale reste donc celle des indépendants, avec ses avantages (coût plus faible) et ses limites (couverture plus modeste).
IR ou IS : la vraie ligne de partage
La différence fiscale fondamentale entre EI et SELARL tient au régime d'imposition : IR pour l'EI, IS pour la SELARL. Cette distinction change tout.
En EI à l'IR, l'intégralité de votre bénéfice est imposée à votre nom, au barème progressif, qu'il ait été consommé ou non. Si votre activité dégage un bénéfice important et que vous êtes dans une tranche marginale élevée, une part conséquente part en impôt et en cotisations, même si vous n'en avez pas besoin pour vivre.
En SELARL à l'IS, le bénéfice est imposé au niveau de la société (15 % puis 25 %) et vous n'êtes personnellement imposé que sur ce que vous prélevez. Vous pouvez donc laisser une partie du bénéfice dans la société, imposé au taux réduit de l'IS, pour financer des investissements, constituer une trésorerie ou préparer un projet, sans subir immédiatement l'IR à taux plein et les cotisations sur cette part. C'est ce qu'on appelle le pilotage de la rémunération : vous arbitrez entre rémunération (soumise à cotisations et à l'IR), dividendes (régime spécifique) et report du bénéfice dans la société. En EI, ce levier n'existe pas.
Important : le taux réduit d'IS à 15 % ne s'applique que jusqu'à 42 500 € de bénéfice, sous conditions (capital entièrement libéré, chiffre d'affaires limité). Au-delà, c'est le taux de 25 %. L'avantage de l'IS n'est réel que si vous n'avez pas besoin de sortir tout le bénéfice pour vivre.
Protection sociale : ce que change le statut
Sur la protection sociale, la différence entre EI et SELARL est moins marquée qu'on ne le croit. Dans les deux cas, vous êtes un travailleur non salarié : en EI comme en SELARL avec gérance majoritaire, vous relevez du régime des indépendants et de votre caisse de retraite libérale.
La différence tient à l'assiette de vos cotisations. En EI à l'IR, vous cotisez sur la totalité du bénéfice. En SELARL, vous cotisez principalement sur votre rémunération de gérant (et sur une fraction de vos dividendes, on y revient) : si vous vous versez une rémunération inférieure au bénéfice total, votre assiette est plus faible. Cette maîtrise de l'assiette a une contrepartie : moins vous cotisez, moins vous accumulez de droits (retraite, indemnités journalières). Réduire sa rémunération pour minimiser les cotisations peut fragiliser votre future retraite et votre couverture en cas d'arrêt. C'est un arbitrage à faire avec lucidité.
À noter : que vous soyez en EI ou en SELARL, votre couverture obligatoire de TNS reste plus modeste que celle d'un salarié, notamment sur les indemnités journalières et l'invalidité. Une prévoyance complémentaire (contrat Madelin ou équivalent) est vivement recommandée dans les deux cas.
Rémunération et dividendes : le levier de la SELARL
C'est sans doute l'atout le plus commenté de la SELARL. En société à l'IS, vous pouvez vous rémunérer de deux façons : par une rémunération de gérant et par des dividendes.
La rémunération de gérant est déductible du résultat de la société, mais soumise à vos cotisations sociales TNS et imposée à l'IR à votre nom. Les dividendes, eux, sont distribués à partir du bénéfice après IS et sont en principe soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), ou « flat tax », de 30 % (12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux).
L'arbitrage entre rémunération et dividendes est au cœur de l'optimisation en SELARL. Mais attention à un point souvent mal compris : la fraction des dividendes supérieure à 10 % du capital social, des primes d'émission et du compte courant d'associé est soumise aux cotisations sociales TNS. On ne peut donc pas se verser des dividendes illimités en échappant totalement aux cotisations.
- Rémunération de gérant : déductible du résultat, soumise aux cotisations TNS et à l'IR.
- Dividendes : versés après IS, soumis au PFU de 30 %.
- Fraction des dividendes > 10 % du capital + primes + compte courant : réintégrée dans l'assiette des cotisations TNS.
- L'arbitrage optimal dépend de votre besoin de revenu, de votre tranche d'IR et du montant du capital.
Important : la règle des 10 % sur les dividendes en SELARL a considérablement réduit l'intérêt d'une stratégie « tout dividendes ». Le bon dosage entre rémunération et dividendes est technique et propre à chaque situation. C'est typiquement un sujet à travailler avec votre expert-comptable, pas à improviser.
Transmission et association : l'avantage structurel de la SELARL
Si vous envisagez d'exercer à plusieurs, de faire entrer un associé, ou de transmettre votre activité, la SELARL prend une longueur d'avance décisive.
En entreprise individuelle, vous êtes seul par nature : le statut ne permet pas d'accueillir un associé. Pour vous associer, il faut créer une société. Et pour transmettre, vous devez céder un fonds ou une patientèle, une opération souvent lourde fiscalement.
En SELARL, l'activité est portée par la société, dont le capital est divisé en parts sociales. Faire entrer un associé, c'est lui céder ou lui émettre des parts. Transmettre son activité, c'est céder ses parts, progressivement ou en une fois, à un repreneur, un confrère ou un membre de la famille. Cette cession de parts est plus souple et souvent plus avantageuse fiscalement qu'une cession de fonds, et la SELARL facilite les montages de holding pour organiser la transmission dans le temps.
Bon à savoir : si votre horizon inclut l'association avec un ou plusieurs confrères, ou une transmission organisée de votre cabinet, la question ne se pose presque pas : la société est le cadre naturel. L'EI atteint vite ses limites dès qu'on veut être plusieurs.
Coûts et formalisme : l'EI reste imbattable
Là où la SELARL brille sur le pilotage, l'EI reprend l'avantage sur la simplicité et les coûts.
Créer une EI est gratuit ou presque, sans capital, sans statuts, sans annonce légale. La gestion courante est légère : pas d'assemblée générale annuelle, pas d'approbation des comptes, une comptabilité allégée (surtout en micro-BNC). Vos honoraires comptables sont réduits, voire nuls si vous relevez du micro.
Créer et faire vivre une SELARL coûte plus cher et demande plus de rigueur : rédiger des statuts, constituer un capital, publier une annonce légale, tenir une comptabilité commerciale complète, établir et déposer des comptes annuels, réunir une assemblée générale chaque année. Les honoraires d'expert-comptable et de conseil juridique sont mécaniquement plus élevés.
| Critère | Entreprise individuelle (EI) | SELARL |
|---|---|---|
| Nature juridique | Vous et l'activité êtes une seule entité | Personne morale distincte |
| Imposition des bénéfices | Impôt sur le revenu (IR), BNC | Impôt sur les sociétés (IS), 15 % puis 25 % |
| Régime simplifié possible | Oui, micro-BNC (plafond 83 600 €) | Non |
| Capital social | Aucun | Oui, à constituer |
| Statut social du dirigeant | TNS | TNS (gérant majoritaire) |
| Assiette des cotisations | Totalité du bénéfice | Rémunération + fraction des dividendes |
| Pilotage rémunération/dividendes | Non | Oui |
| Associés possibles | Non | Oui |
| Transmission | Cession de fonds/patientèle | Cession de parts sociales |
| Protection du patrimoine | Séparation légale depuis 2022 | Responsabilité limitée aux apports |
| Formalisme | Très léger | Statuts, AG, comptes annuels |
| Coût de gestion | Réduit | Plus élevé |
À noter : le surcoût comptable et juridique d'une SELARL n'est justifié que si les gains de pilotage fiscal et social le dépassent. En dessous d'un certain niveau de bénéfice, la SELARL coûte plus qu'elle ne rapporte. C'est tout l'enjeu de l'analyse préalable.
Responsabilité et protection du patrimoine
Sur la protection du patrimoine, l'écart entre EI et SELARL s'est nettement réduit depuis 2022.
En SELARL, votre responsabilité est en principe limitée à vos apports : les créanciers de la société ne peuvent, sauf faute de gestion ou caution personnelle, se retourner contre votre patrimoine privé. En EI, depuis la réforme de 2022, votre patrimoine personnel est séparé par défaut de votre patrimoine professionnel : vos créanciers professionnels ne peuvent en principe saisir que vos biens professionnels. La protection n'est plus l'apanage de la société.
Dans les deux cas, deux réserves subsistent : la caution personnelle fréquemment exigée par les banques (qui rend votre patrimoine privé mobilisable pour l'emprunt garanti) et les cas de fraude ou de faute grave. La protection patrimoniale n'est donc plus, à elle seule, un argument décisif pour passer en SELARL.
Important : ne choisissez pas la SELARL pour la seule protection de votre patrimoine. Depuis 2022, l'EI protège déjà votre logement et vos avoirs privés. Et la caution bancaire personnelle neutralise en pratique une partie de cet avantage, quel que soit le statut.
L'option méconnue : l'EI à l'IS
Depuis 2022, une possibilité intéressante existe : l'entreprise individuelle peut opter pour l'impôt sur les sociétés, en étant assimilée fiscalement à une EURL. Cette option permet, sans créer de société, d'imposer le bénéfice de l'activité à l'IS et de n'être personnellement imposé que sur ce que vous prélevez.
Concrètement, l'EI à l'IS ouvre une forme de pilotage rémunération/résultat proche de celui d'une société, tout en conservant la légèreté de l'EI (pas de capital, pas d'associé, formalisme réduit). C'est une piste à considérer avant même d'envisager la SELARL, notamment si votre besoin premier est le pilotage fiscal et non l'association ou la transmission. Attention cependant : l'option pour l'IS est un choix structurant, en principe difficile à révoquer sans conséquences, et elle modifie profondément le calcul de vos cotisations et de votre imposition. Elle ne s'improvise pas.
À noter : l'EI à l'IS est parfois le « chaînon manquant » entre l'EI classique et la SELARL. Elle apporte le pilotage fiscal de l'IS sans le formalisme sociétaire. Mais elle ne permet ni l'association ni la cession de parts. Un diagnostic personnalisé est indispensable avant d'opter.
Quand rester en EI, quand passer en SELARL ?
Plutôt que de raisonner en seuils absolus, observez les signaux qui, dans votre situation, penchent vers l'un ou l'autre statut.
L'EI reste souvent le bon choix quand :
- vous démarrez et vos revenus sont encore modestes ou irréguliers ;
- vous consommez la quasi-totalité de votre bénéfice pour vivre (l'avantage de l'IS ne joue pas si vous sortez tout) ;
- vous exercez seul, sans projet d'association ni de transmission organisée ;
- vous privilégiez la simplicité, une gestion allégée et des coûts maîtrisés.
Le passage en SELARL devient pertinent quand :
- votre bénéfice dépasse durablement votre besoin de revenu (une part reste dans la société à l'IS réduit pour investir ou capitaliser) ;
- vous êtes dans une tranche marginale d'IR élevée et voulez lisser votre imposition via l'arbitrage rémunération/dividendes ;
- vous voulez vous associer avec un ou plusieurs confrères, ou préparer la transmission de votre cabinet par cession de parts ;
- vous investissez lourdement (locaux, matériel coûteux) et souhaitez porter ces investissements dans une structure dédiée, éventuellement adossée à une holding.
Important : les seuils exacts à partir desquels la SELARL devient rentable dépendent de trop de paramètres (bénéfice, besoin de revenu, tranche d'IR, capital, projets) pour être donnés en chiffre unique. Méfiez-vous des « seuils magiques » lus ici ou là : seule une simulation sur votre situation réelle est fiable.
EI, SELARL et exercice réglementé : le rôle de l'ordre
Pour de nombreuses professions libérales réglementées, notamment en santé et en droit, le passage en société d'exercice n'est pas qu'une décision fiscale : il suppose aussi le respect des règles de votre ordre professionnel. Composition du capital, détention des parts, agrément de la structure, inscription au tableau : les sociétés d'exercice libéral obéissent à des règles précises destinées à garantir l'indépendance de l'exercice.
Ces contraintes ne remettent pas en cause l'intérêt de la SELARL, mais ajoutent une vérification en amont. Avant de constituer votre société, assurez-vous que le montage envisagé (associés, répartition du capital, éventuelle holding) est compatible avec votre réglementation. Les règles applicables aux sociétés d'exercice libéral sont détaillées sur service-public.fr.
À noter : selon votre profession, la SELARL doit être agréée ou inscrite auprès de votre ordre, et la détention du capital est encadrée. Anticipez ces formalités : elles conditionnent la validité de votre structure et allongent parfois le calendrier de création.
Pour les médecins, ce choix se double d'un autre arbitrage, entre les deux formes de société d'exercice elles-mêmes : voyez notre comparatif SELARL ou SELAS.
L'accompagnement Fint pour choisir et piloter votre statut
Face à ce choix, la bonne méthode n'est pas de comparer des statuts dans l'absolu, mais de partir de votre situation et de vos projets : de combien avez-vous besoin pour vivre par rapport à votre bénéfice, quel est votre horizon (exercice solo ou association et transmission), et quelle est votre tolérance au formalisme et au coût ? La bonne décision naît du croisement de ces trois axes, chiffres à l'appui.
C'est exactement le travail que réalise un expert-comptable qui connaît votre métier. Chez Fint, nous accompagnons les professionnels libéraux et de santé sur ce type de décision : comparer l'EI et la SELARL sur vos chiffres, éclairer l'option EI à l'IS, calibrer l'arbitrage rémunération/dividendes et sécuriser vos formalités. Une simulation comparative EI (IR), EI à l'IS et SELARL sur vos chiffres réels lève la plupart des doutes : elle met en évidence, année par année, l'écart d'impôt, de cotisations et de trésorerie disponible entre les scénarios.
Si vous préférez le cadre le plus simple, notre offre dédiée à l'entreprise individuelle vous permet de démarrer et de gérer votre EI sereinement, avec une comptabilité claire et un suivi de vos cotisations. Si votre activité appelle une structure plus élaborée, notre accompagnement des sociétés prend en charge la création, la comptabilité et le pilotage de votre SELARL. Et pour les professionnels de santé, l'offre Fint Care est pensée pour déléguer la comptabilité et se concentrer sur ses patients, tout en optimisant son statut. Notre rôle n'est pas de vous vendre une structure, mais de vous aider à choisir celle qui sert vraiment vos intérêts, aujourd'hui et pour les années à venir.
Important : la meilleure décision n'est pas la plus optimisée sur le papier, mais celle qui correspond à votre réalité et que vous saurez tenir dans la durée. Un bon accompagnement combine le calcul fiscal, la protection sociale et la vision patrimoniale de long terme.
En résumé
Entre l'entreprise individuelle et la SELARL, il n'y a pas de statut universellement meilleur : il y a le statut adapté à votre situation. L'EI, imposée à l'IR (micro-BNC jusqu'à 83 600 € ou déclaration contrôlée), séduit par sa simplicité, son coût réduit, l'absence de capital et de formalisme, et une protection du patrimoine personnel garantie depuis 2022 ; elle atteint ses limites dès que vous voulez piloter votre fiscalité, vous associer ou transmettre. La SELARL, société à l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %), offre le pilotage rémunération/dividendes, l'association et une transmission facilitée par la cession de parts, au prix d'un formalisme et de coûts plus élevés ; la fraction des dividendes supérieure à 10 % du capital, des primes et du compte courant reste soumise aux cotisations TNS. Entre les deux, l'option EI à l'IS apporte le pilotage fiscal sans le formalisme sociétaire. Le bon choix se fait sur vos chiffres, votre besoin de revenu et vos projets : une simulation comparative et l'appui d'un expert-comptable qui connaît votre métier restent les meilleurs guides pour décider en 2026.



