Déclaration 2035 : le guide complet 2026 (BNC)

6 juillet 2026
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Elouan Vienne
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Professionnel libéral remplissant sa déclaration 2035 avec son expert-comptable

Qu'est-ce que la déclaration 2035 ?

La déclaration 2035 est la déclaration de résultat des professionnels qui relèvent des bénéfices non commerciaux (BNC) au régime de la déclaration contrôlée. Elle permet de déterminer votre bénéfice imposable réel, à partir de vos recettes et de vos dépenses professionnelles de l'année.

Concrètement, elle sert à calculer ce que vous avez réellement gagné après déduction de vos charges, puis à reporter ce résultat sur votre déclaration de revenus personnelle (formulaire 2042 C PRO). C'est donc une pièce maîtresse de votre fiscalité de libéral.

Bon à savoir : contrairement au régime micro-BNC, où un abattement forfaitaire de 34 % s'applique, la déclaration contrôlée vous permet de déduire vos charges réelles. Si vos frais sont élevés, c'est souvent plus avantageux.

Qui doit remplir la déclaration 2035 ?

Vous êtes concerné par la déclaration 2035 si vous exercez une activité libérale relevant des BNC et que vous êtes au régime de la déclaration contrôlée. Cela vise notamment :

  • les professionnels de santé (médecins, kinésithérapeutes, infirmiers, sages-femmes, dentistes, ostéopathes…) ;
  • les professions juridiques et du conseil (avocats, consultants, experts) ;
  • les architectes, les agents commerciaux et de nombreux autres indépendants libéraux ;
  • les sociétés de personnes non soumises à l'impôt sur les sociétés (SCM, SCP, sociétés de fait).

Vous relevez de la déclaration contrôlée dans deux cas : soit vos recettes annuelles dépassent le plafond du micro-BNC, soit vous avez opté volontairement pour ce régime alors que vous pouviez rester en micro.

Le seuil du micro-BNC en 2026

Le plafond de recettes du micro-BNC est fixé à 83 600 € HT pour les années 2026 à 2028. En dessous, vous pouvez rester au micro-BNC (avec l'abattement de 34 %). Au-delà, le passage à la déclaration contrôlée — et donc à la 2035 — devient obligatoire.

Déclaration 2035 ou micro-BNC : comment choisir ?

Tant que vos recettes restent sous le plafond, vous avez le choix entre les deux régimes. La règle est simple : si vos charges réelles dépassent 34 % de vos recettes, la déclaration contrôlée (2035) est généralement plus intéressante, car vous déduisez vos frais réels plutôt qu'un forfait. En dessous, le micro-BNC reste souvent plus simple et plus avantageux.

Pour y voir clair sur votre situation, utilisez notre simulateur micro-BNC ou déclaration contrôlée : il compare votre base imposable selon vos charges en quelques secondes.

À noter : opter pour la déclaration contrôlée implique de tenir une comptabilité complète. C'est plus exigeant que le micro, mais aussi plus fin — et c'est là qu'un expert-comptable fait la différence.

De quoi se compose la liasse 2035 ?

La déclaration 2035 n'est pas un formulaire unique : c'est une liasse fiscale composée de plusieurs imprimés qui se complètent.

  • 2035-SD : la page de synthèse, qui récapitule votre résultat fiscal et vos informations générales.
  • 2035-A-SD : le détail de votre compte de résultat (recettes encaissées, dépenses par nature).
  • 2035-B-SD : la détermination du résultat, les plus ou moins-values et divers retraitements fiscaux.
  • Le tableau des immobilisations et amortissements, qui suit vos investissements (matériel, véhicule, aménagements) et leur amortissement.
  • D'éventuelles annexes (provisions, répartition entre associés pour les sociétés, etc.).

Chaque imprimé a son rôle : ensemble, ils permettent à l'administration de vérifier la cohérence de votre bénéfice déclaré.

Comment remplir la déclaration 2035 ?

Remplir une 2035 suit une logique claire, même si le détail peut être technique.

1. Reporter vos recettes

Vous déclarez l'ensemble des honoraires et recettes encaissés dans l'année (le BNC fonctionne en principe selon une comptabilité de trésorerie : ce qui compte, c'est la date d'encaissement, pas celle de la facture).

2. Déduire vos dépenses professionnelles

Vous listez ensuite vos charges par nature : loyer et charges du cabinet, achats et fournitures, cotisations sociales, frais de véhicule, honoraires rétrocédés, assurances, frais de formation, petit matériel, etc. Seules les dépenses engagées dans l'intérêt de l'activité et justifiées sont déductibles.

3. Traiter les amortissements

Les investissements durables (matériel médical, informatique, véhicule, aménagement du local) ne se déduisent pas en une fois : ils sont amortis sur leur durée d'usage. Le tableau des immobilisations suit ces amortissements année après année.

4. Déterminer le résultat

Recettes moins dépenses moins amortissements : vous obtenez votre bénéfice (ou déficit) imposable, reporté sur la 2035-B puis sur votre déclaration personnelle 2042 C PRO.

Bon à savoir : les cotisations sociales obligatoires (URSSAF, retraite) sont déductibles, mais pas la CSG non déductible ni l'impôt sur le revenu. Ces subtilités sont une source d'erreurs fréquente.

La comptabilité de trésorerie : le principe clé du BNC

La déclaration 2035 repose sur une logique particulière : la comptabilité de trésorerie. Cela signifie que vous enregistrez une recette le jour où elle est encaissée, et une dépense le jour où elle est payée — indépendamment de la date de la facture.

C'est une différence majeure avec les entreprises commerciales (BIC), qui fonctionnent en comptabilité d'engagement (créances et dettes). Pour un libéral, une facture émise en décembre mais payée en janvier se rattache donc à l'année suivante. Cette règle a un impact direct sur votre résultat et permet, dans une certaine mesure, de piloter votre bénéfice imposable en fin d'année.

Il est toutefois possible d'opter pour une comptabilité « créances-dettes », plus proche du régime commercial. Ce choix se réfléchit avec votre expert-comptable selon votre activité et votre trésorerie.

Le détail des recettes à déclarer

Sur la 2035-A, vos recettes ne se limitent pas à vos honoraires. Vous devez y intégrer :

  • les honoraires et recettes encaissés au titre de votre activité ;
  • les gains divers (indemnités, remboursements de frais non rétrocédés) ;
  • les produits financiers éventuels liés à l'activité.

En parallèle, certaines sommes ne sont pas imposables et se déclarent séparément, comme les débours (frais payés pour le compte d'un client et refacturés à l'identique) ou les rétrocessions d'honoraires que vous reversez à un confrère.

Le détail des dépenses déductibles

La force de la déclaration contrôlée, c'est la déduction des charges réelles. Les principales lignes de dépenses de la 2035-A sont :

  • Achats : fournitures, consommables, petit matériel de faible valeur ;
  • Loyer et charges du cabinet ou du local professionnel ;
  • Travaux, entretien et réparations ;
  • Charges sociales personnelles : cotisations URSSAF, retraite, prévoyance obligatoire ;
  • Frais de véhicule et de déplacement : au réel ou selon le barème kilométrique ;
  • Frais de réception, de représentation et de congrès ;
  • Fournitures de bureau, documentation, frais postaux et de téléphone ;
  • Honoraires rétrocédés et sous-traitance ;
  • Assurances professionnelles ;
  • Frais financiers (intérêts d'emprunts professionnels).

Une dépense n'est déductible que si elle est engagée dans l'intérêt de l'activité, justifiée par un document et comptabilisée. Les dépenses mixtes (usage privé et professionnel) doivent être ventilées au prorata de l'usage professionnel.

Un exemple concret de calcul

Prenons une kinésithérapeute dont l'activité 2025 se résume ainsi :

  • recettes encaissées : 72 000 € ;
  • loyer et charges du cabinet : 9 600 € ;
  • cotisations sociales : 16 000 € ;
  • frais de véhicule (barème) : 3 200 € ;
  • matériel, fournitures, assurances, divers : 6 000 € ;
  • amortissement du matériel : 1 800 €.

Total des charges déductibles : 36 600 €. Son bénéfice imposable est donc de 72 000 − 36 600 = 35 400 €, reporté sur sa déclaration 2042 C PRO. En micro-BNC, sa base imposable aurait été de 72 000 × 66 % = 47 520 €. Ici, la déclaration contrôlée lui fait économiser de l'impôt, car ses charges dépassent 34 % de ses recettes.

TVA et déclaration 2035

Beaucoup de professions libérales relèvent de la franchise en base de TVA ou d'une exonération (actes de soins en santé). Dans ce cas, vos recettes et vos dépenses se déclarent TVA comprise sur la 2035. Si vous êtes assujetti et redevable de la TVA, vous déclarez en revanche vos montants hors taxe, et la TVA fait l'objet de déclarations spécifiques. Ce point conditionne la façon de remplir votre liasse : mieux vaut le clarifier dès le départ.

Les dates limites de la déclaration 2035 en 2026

Pour les revenus 2025, la déclaration 2035 se dépose au printemps 2026. La date limite de télédéclaration est fixée à la mi-mai 2026 (généralement vers le 20 mai), la télétransmission étant obligatoire via une procédure EDI-TDFC.

Dans la pratique, vous ne saisissez pas la 2035 directement sur impots.gouv.fr : elle est transmise par un partenaire EDI (votre expert-comptable ou un logiciel agréé). Anticiper est essentiel : préparer sa liasse à la dernière minute est le meilleur moyen de commettre des erreurs.

L'AGA : ce qui a changé

Pendant longtemps, ne pas adhérer à une association de gestion agréée (AGA) entraînait une majoration du bénéfice imposable. Ce n'est plus le cas : cette majoration a été progressivement supprimée, puis totalement abandonnée depuis l'imposition des revenus 2023.

Autrement dit, en 2026, vous n'êtes plus pénalisé fiscalement si vous n'adhérez pas à une AGA. L'adhésion conserve toutefois d'autres intérêts : accompagnement, prévention fiscale, examen de cohérence de votre déclaration. Le choix d'adhérer relève désormais du service rendu, plus d'une contrainte fiscale.

À noter : beaucoup d'articles en ligne affirment encore qu'il faut adhérer à une AGA « pour éviter la majoration de 10 % ». C'est une information périmée. Vérifiez toujours la date de vos sources en matière fiscale.

Les plus-values et moins-values professionnelles

Lorsque vous vendez ou cessez d'utiliser un bien professionnel (matériel, véhicule, patientèle), vous pouvez réaliser une plus-value ou une moins-value professionnelle, à reporter sur la 2035-B. Le régime dépend de la durée de détention (court terme ou long terme) et, surtout, de votre chiffre d'affaires : les petites structures peuvent bénéficier d'une exonération (article 151 septies du CGI) sous conditions de recettes et d'ancienneté. Ces opérations sont techniques et méritent une analyse au cas par cas, notamment lors d'un départ en retraite ou d'une transmission de patientèle.

Du résultat 2035 à votre impôt : la déclaration 2042 C PRO

La déclaration 2035 s'arrête au calcul de votre bénéfice professionnel. Ce résultat n'est pas imposé « dans » la 2035 : il est reporté sur votre déclaration de revenus personnelle, la 2042 C PRO, où il s'ajoute aux autres revenus de votre foyer pour être soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu. Les deux déclarations sont donc indissociables : la 2035 détermine le montant, la 2042 C PRO l'intègre à votre imposition personnelle.

Les charges les plus souvent oubliées

Une déclaration 2035 bien optimisée, c'est d'abord une déclaration où l'on n'oublie aucune charge déductible. Les plus fréquemment négligées :

  • une quote-part des frais de véhicule (barème kilométrique ou frais réels) ;
  • les frais de télétravail et une part des dépenses du domicile si vous y exercez ;
  • les frais de formation et la documentation professionnelle ;
  • les cotisations facultatives (contrats Madelin retraite et prévoyance) ;
  • les petits équipements et logiciels.

Chaque euro de charge oubliée, c'est du bénéfice surimposé. C'est précisément le rôle d'un expert-comptable de sécuriser et d'optimiser ces déductions.

Que risque-t-on en cas de retard ou d'erreur ?

Un dépôt tardif entraîne une majoration de 10 % de l'impôt dû, pouvant monter à 40 % après mise en demeure, auxquels s'ajoutent des intérêts de retard. Une erreur ou une omission peut aussi déclencher une demande de justification, voire un contrôle. D'où l'importance d'une comptabilité rigoureuse et d'une déclaration relue par un professionnel.

Bien préparer sa 2035 toute l'année

Une déclaration 2035 réussie ne se joue pas au mois de mai : elle se prépare tout au long de l'année. Quelques bonnes pratiques font toute la différence :

  • Séparez vos comptes : un compte bancaire dédié à l'activité simplifie le suivi des recettes et des dépenses et sécurise votre comptabilité en cas de contrôle.
  • Conservez tous vos justificatifs : factures, notes de frais, relevés. Sans justificatif, une charge n'est pas déductible.
  • Tenez votre livre des recettes et votre registre des achats à jour régulièrement, plutôt que tout reconstituer en fin d'exercice.
  • Suivez vos immobilisations : chaque investissement durable doit être inscrit et amorti correctement.
  • Anticipez votre trésorerie fiscale : le bénéfice de la 2035 sert de base à votre impôt et à vos cotisations. Mieux vaut ne pas être surpris.

Ces réflexes évitent les erreurs et les oublis coûteux — et rendent la clôture annuelle beaucoup plus sereine.

Comment Fint gère votre déclaration 2035

Chez Fint, votre déclaration 2035 est prise en charge de bout en bout par un expert-comptable dédié : tenue de votre comptabilité BNC, optimisation de vos charges déductibles, calcul des amortissements, préparation et télétransmission de la liasse dans les délais. Vous gagnez du temps, vous évitez les erreurs, et vous êtes certain de payer le juste impôt.

C'est vrai pour tous les libéraux, et en particulier pour les professions de santé et les consultants indépendants que nous accompagnons au quotidien.

En résumé

La déclaration 2035 concerne les professionnels libéraux (BNC) au régime de la déclaration contrôlée. Elle permet de déterminer votre bénéfice réel après déduction de vos charges, contrairement au micro-BNC et son abattement forfaitaire. Composée de plusieurs imprimés (2035-SD, A, B, immobilisations), elle se télétransmet à la mi-mai. En 2026, l'adhésion à une AGA n'est plus nécessaire pour éviter une majoration. Bien remplie, la 2035 est un formidable levier d'optimisation — à condition de n'oublier aucune charge et de respecter les délais.

Les questions fréquentes (FAQ)

Qui doit remplir la déclaration 2035 ?

Les professionnels libéraux relevant des BNC au régime de la déclaration contrôlée : soit parce que leurs recettes dépassent le plafond du micro-BNC (83 600 € en 2026), soit par option volontaire. Cela concerne aussi les sociétés de personnes non soumises à l'impôt sur les sociétés (SCM, SCP).

Quelle est la date limite de la déclaration 2035 en 2026 ?

Pour les revenus 2025, la déclaration 2035 doit être télétransmise à la mi-mai 2026 (généralement vers le 20 mai), via une procédure EDI-TDFC assurée par votre expert-comptable ou un logiciel agréé.

Quelle différence entre la 2035 et le micro-BNC ?

En micro-BNC, votre bénéfice imposable est calculé avec un abattement forfaitaire de 34 %. Avec la 2035 (déclaration contrôlée), vous déduisez vos charges réelles. Le régime réel est souvent plus avantageux si vos charges dépassent 34 % de vos recettes.

De quoi se compose la liasse 2035 ?

De plusieurs imprimés : la 2035-SD (synthèse), la 2035-A-SD (compte de résultat), la 2035-B-SD (résultat et plus-values) et le tableau des immobilisations et amortissements, complétés le cas échéant par des annexes.

Faut-il adhérer à une AGA pour la déclaration 2035 ?

Non, ce n'est plus obligatoire. La majoration du bénéfice pour non-adhésion à une association de gestion agréée a été supprimée depuis l'imposition des revenus 2023. L'AGA garde d'autres intérêts (accompagnement, prévention fiscale), mais son absence n'entraîne plus de pénalité fiscale.

Que risque-t-on en cas de retard sur la déclaration 2035 ?

Un dépôt tardif entraîne une majoration de 10 % de l'impôt dû (jusqu'à 40 % après mise en demeure), plus des intérêts de retard. Une erreur peut aussi déclencher une demande de justification ou un contrôle, d'où l'intérêt de faire relire sa déclaration par un expert-comptable. ::END::

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