Comment fonctionne une CPTS ?

22 juillet 2026
16 min
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Elouan Vienne
Cofondateur
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Professionnels de santé réunis pour piloter une CPTS sur leur territoire

La réponse courte en 2026

Une CPTS, ou communauté professionnelle territoriale de santé, est une organisation de coordination construite à l'échelle d'un territoire, le plus souvent sous forme d'association loi 1901. Elle ne remplace ni votre cabinet, ni votre BNC, ni votre société d'exercice. Elle sert à organiser des réponses collectives sur un bassin de vie : accès aux soins, parcours, prévention, qualité, attractivité du territoire et gestion des crises sanitaires.

En pratique, une CPTS fonctionne autour de trois briques. D'abord, des professionnels volontaires définissent un territoire cohérent et un projet de santé. Ensuite, l'association signe une convention avec l'ARS et la CPAM pour porter certaines missions de service public. Enfin, elle reçoit des financements forfaitaires, recrute parfois une coordination, et peut indemniser ou rémunérer ses membres dans les limites prévues par les textes.

Bon à savoir : une CPTS n'est pas une structure d'exercice en commun. Vos actes restent facturés par vous, dans votre structure habituelle. La CPTS organise des coopérations territoriales ; elle ne devient pas le cabinet de tout le monde.

Si vous cherchez un premier repère, gardez ce tableau en tête.

QuestionRéponse courte
Une CPTS est-elle une société ?Non, c'est en principe une association loi 1901
Une CPTS facture-t-elle vos soins ?Non, vos actes restent facturés dans votre structure
Une CPTS peut-elle recevoir des financements ?Oui, via l'ACI et d'autres aides liées à ses missions
Un membre peut-il être indemnisé ?Oui, dans les conditions de l'article D1434-44 CSP
Une CPTS remplace-t-elle une MSP ou une SISA ?Non, elle agit à une autre échelle, celle du territoire

Une CPTS n'est pas un cabinet de groupe

La confusion la plus fréquente consiste à traiter la CPTS comme une nouvelle forme de cabinet, alors qu'elle relève d'une autre logique. Une SCM sert à partager des moyens. Une MSP organise une équipe de soins autour d'un projet commun. Une SISA permet à une équipe pluriprofessionnelle de porter certains flux et rémunérations d'exercice coordonné. La CPTS, elle, coordonne des acteurs qui n'exercent pas forcément dans les mêmes locaux et qui peuvent déjà avoir leur propre organisation collective.

Cela change tout pour la gouvernance. Dans une CPTS, on ne commence pas par se demander qui paie le loyer ou comment répartir une secrétaire. On commence par identifier les besoins du territoire, les professionnels prêts à coopérer, les parcours à fluidifier, les soins non programmés à organiser et les actions de prévention à lancer.

À noter : une même personne peut cumuler plusieurs couches d'organisation. Vous pouvez exercer dans une SELARL, être associé d'une SCM pour vos locaux, participer à une MSP pour le projet de soins, et adhérer en plus à une CPTS pour les missions territoriales.

Cette distinction évite de mauvais montages. Une CPTS n'est pas faite pour porter les honoraires d'un cabinet. Une SISA n'est pas faite pour couvrir un territoire entier. Et une SCM ne doit pas absorber des financements de coordination qui ne relèvent pas d'une simple mutualisation de charges.

Qui peut rejoindre une CPTS

Une CPTS est une organisation ouverte. L'article L1434-12 du Code de la santé publique prévoit qu'elle est composée de professionnels de santé regroupés, le cas échéant, sous la forme d'équipes de soins primaires, d'acteurs assurant des soins de premier ou de deuxième recours, et d'acteurs médico-sociaux et sociaux concourant à la réalisation des objectifs du projet de santé.

La page Ameli dédiée à la constitution d'une CPTS confirme cette logique très large. Une CPTS peut réunir des médecins, des infirmiers, des kinésithérapeutes, des sages-femmes, des pharmaciens, des MSP, des centres de santé, des établissements de santé, des structures médico-sociales, des structures sociales ou encore des dispositifs d'appui. Le nombre de membres n'est pas figé : il dépend du territoire, du projet et de la capacité réelle à travailler ensemble.

Concrètement, on retrouve souvent quatre cercles.

CercleExemples
Soins de villeMédecins, infirmiers, kinés, sages-femmes, pharmaciens, orthophonistes
Structures coordonnéesMSP, centres de santé, équipes de soins primaires
ÉtablissementsHôpitaux de proximité, cliniques, établissements sanitaires
Acteurs médico-sociaux et sociauxEhpad, Ssiad, acteurs de prévention, dispositifs d'appui
Important : une CPTS fonctionne mal quand elle additionne des logos sans vrai noyau de professionnels engagés. Le texte autorise une composition large, mais le projet ne décolle que si quelques membres portent réellement les missions et les indicateurs.

Si vous cherchez à rejoindre une CPTS déjà en place, le point d'entrée le plus simple reste souvent la CPTS de votre zone, votre CPAM ou votre ARS. En pratique, l'adhésion utile ne consiste pas seulement à signer un bulletin : il faut vérifier le territoire couvert, lire le projet de santé, comprendre les missions déjà lancées et voir où votre pratique apporte une vraie valeur. C'est aussi ce qui répond à la question "pourquoi y aller" : une CPTS bien structurée facilite les soins non programmés, les parcours, la prévention et les échanges entre acteurs de santé du territoire.

Pour un professionnel déjà installé, l'intérêt concret tient souvent à trois bénéfices :

  • mieux orienter les patients quand plusieurs acteurs interviennent ;
  • participer à des organisations territoriales que votre cabinet ne peut pas porter seul ;
  • travailler avec des outils, réunions et missions déjà cadrés au lieu de repartir de zéro à chaque sujet.

Le territoire et le projet de santé

Le territoire d'une CPTS n'est pas une frontière administrative choisie au hasard. Ameli insiste sur ce point : le bon périmètre est celui dont le diagnostic retrace l'offre, les besoins et les flux de patients. Une CPTS doit donc être pensée à partir des usages réels de la population, pas uniquement à partir d'une carte communale ou intercommunale.

Le projet de santé est la pièce maîtresse. Il formalise les besoins repérés, les professionnels impliqués, les missions retenues, les actions prévues, les indicateurs de suivi et la façon dont la CPTS répond aux enjeux locaux. Sans ce document, il n'y a ni cohérence territoriale, ni convention, ni financement pérenne.

Ameli et l'ARS peuvent accompagner cette phase en amont. L'Assurance Maladie indique qu'après sollicitation, l'ARS et la CPAM s'engagent à organiser une rencontre dans un délai de 15 jours. Les porteurs de projet sont ensuite invités à produire une lettre d'intention, puis à construire leur diagnostic territorial et leur projet de santé.

Bon à savoir : l'outil gratuit Rézone CPTS, mis à disposition par l'Assurance Maladie, sert précisément à documenter ce diagnostic avec des données de population, d'offre de soins et de pathologies du territoire.

Le projet de santé joue aussi un rôle pratique pour la comptabilité future. Plus il est précis sur les actions, les réunions, la coordination et les livrables attendus, plus il sera simple de justifier les dépenses, les indemnisations et le suivi des financements.

Les étapes concrètes de création

Une CPTS ne se crée pas en déposant simplement des statuts. L'ordre logique est plutôt celui-ci :

  1. réunir un noyau de professionnels volontaires ;
  2. échanger avec l'ARS et la CPAM ;
  3. produire une lettre d'intention ;
  4. bâtir le diagnostic territorial et le projet de santé ;
  5. constituer l'association et sa gouvernance ;
  6. conclure la convention et entrer dans le cadre ACI.

Cette séquence compte, parce que le statut ne suffit pas. Une association vide n'est pas encore une CPTS opérationnelle. Ce qui donne sa réalité à la CPTS, c'est la combinaison entre la structure associative, le projet de santé, la convention, les missions lancées et les financements obtenus.

Autre point pratique souvent mal compris : une fois le projet de santé transmis, l'ARS ne "labellise" pas la CPTS au doigt mouillé. Le Code de la santé publique prévoit un mécanisme de validation tacite : sans opposition motivée dans les deux mois, le projet de santé est réputé validé. Cela permet de distinguer clairement la phase de conception, la phase de validation et la phase de contractualisation.

La page Ameli sur la constitution d'une CPTS ajoute un point utile : si une mission socle est déjà opérationnelle avant même la signature de l'ACI, l'association peut bénéficier des financements prévus pour cette mission. Cela encourage les porteurs de projet à ne pas attendre la fin de toute la procédure pour commencer à structurer certains parcours.

À noter : beaucoup de projets se bloquent non sur le juridique, mais sur la méthode. Un calendrier flou, une gouvernance imprécise et un territoire trop large au départ font perdre des mois.

L'association loi 1901 comme véhicule juridique

Depuis l'ordonnance du 12 mai 2021, le Code de la santé publique impose une forme claire. L'article L1434-12-1 prévoit que la CPTS est constituée sous la forme d'une association régie par la loi du 1er juillet 1901, ou par le droit local en Alsace-Moselle.

Ce choix n'est pas anecdotique. Il marque une différence nette avec la SISA, qui est une société civile, et avec la SCM, qui reste une société de moyens. La CPTS n'est donc pas pensée comme un outil de détention de cabinet ou de répartition d'honoraires entre praticiens. Elle est pensée comme un cadre de coopération territoriale, avec une gouvernance associative.

Cette forme implique au minimum :

  • des statuts ;
  • un bureau ou une gouvernance équivalente ;
  • un compte bancaire dédié ;
  • des décisions formalisées ;
  • une comptabilité propre à l'association ;
  • une traçabilité des financements, dépenses et indemnisations.
Important : le véhicule est associatif, mais les enjeux financiers peuvent être élevés. Il faut donc traiter la CPTS comme une vraie structure de gestion, pas comme une simple entente informelle entre confrères.

Dans la pratique, une CPTS qui reçoit des financements ACI, emploie un coordinateur ou indemnise ses membres a besoin d'une organisation comptable sérieuse dès le départ.

Quelles missions une CPTS peut-elle porter

L'article L1434-12-2 du Code de la santé publique liste six missions de service public qu'une CPTS peut assurer, en tout ou partie, par convention avec l'ARS et la CPAM :

Mission prévue par le CodeCe que cela recouvre en pratique
Amélioration de l'accès aux soinsmédecin traitant, soins non programmés, orientation
Organisation de parcours de soinscoordination entre professionnels autour du patient
Développement d'actions territoriales de préventioncampagnes, dépistages, actions ciblées
Développement de la qualité et de la pertinence des soinsprotocoles, revue des pratiques, indicateurs
Accompagnement des professionnels sur le territoireattractivité, intégration, soutien organisationnel
Participation à la réponse aux crises sanitairesplan de crise, mobilisation territoriale

L'ACI distingue ensuite, dans le financement, des missions socles et des missions optionnelles. La page Ameli sur la rémunération des CPTS présente comme missions socles l'accès aux soins, les parcours pluriprofessionnels, la prévention et la réponse aux crises sanitaires. Elle classe comme actions optionnelles la qualité et la pertinence des soins, ainsi que l'accompagnement des professionnels de santé sur le territoire.

Bon à savoir : une CPTS n'a pas besoin de tout faire d'un coup. Les missions montent en charge progressivement. L'erreur consiste à promettre six chantiers sans disposer d'une coordination capable d'en piloter deux correctement.

Le financement ACI : comment l'argent entre

Le financement principal d'une CPTS passe par l'accord conventionnel interprofessionnel, ou ACI. La page Ameli sur la rémunération des CPTS, mise à jour le 9 avril 2025, précise que la rémunération se calcule en fonction de la taille du bassin de vie couvert par la CPTS et qu'elle comprend deux grandes enveloppes : une enveloppe de fonctionnement et des enveloppes par mission.

L'ACI CPTS a été signé le 20 juin 2019, puis adapté au fil des évolutions du dispositif. C'est lui qui fixe le cadre national de rémunération, les logiques de missions socles et optionnelles, et la mécanique de la part fixe et de la part variable. Dans la vie d'une CPTS, c'est donc le texte conventionnel le plus concret pour piloter le budget, bien plus qu'un simple slogan autour de l'exercice coordonné.

L'enveloppe de fonctionnement sert à amorcer l'organisation et à assurer la vie courante de la communauté. Elle va de 50 000 euros à 90 000 euros par an selon la taille de la CPTS.

Les missions, elles, sont financées par un volet fixe et un volet variable. Le volet fixe finance les moyens mis en œuvre. Le volet variable dépend des actions réalisées et des résultats atteints.

Voici le tableau officiel Ameli à retenir en 2025 pour les grandes masses de financement annuelles.

PosteTaille 1Taille 2Taille 3Taille 4
Fonctionnement50 000 €60 000 €75 000 €90 000 €
Accès aux soins, total80 000 €100 000 €125 000 €155 000 €
Parcours pluriprofessionnels, total50 000 €70 000 €90 000 €100 000 €
Prévention, total20 000 €30 000 €35 000 €40 000 €
Crise sanitaire, total 1re année du plan62 500 €87 500 €112 500 €125 000 €
Qualité et pertinence des soins, optionnel15 000 €20 000 €30 000 €40 000 €
Accompagnement des professionnels, optionnel10 000 €15 000 €20 000 €30 000 €
Financement total possible287 500 €382 500 €487 500 €580 000 €

La même page précise qu'une CPTS de taille 4 comprenant au moins 100 membres bénéficie d'une majoration de 10 % sur l'ensemble des missions socles et optionnelles, hors financement additionnel du fonctionnement.

À noter : ces montants sont des plafonds théoriques liés au cadre conventionnel. La CPTS ne touche pas mécaniquement le total. Elle doit activer des missions, déployer des moyens et atteindre des objectifs.

Ce que peuvent toucher les membres

La question revient souvent : une CPTS peut-elle verser de l'argent à ses membres ? Oui, mais dans un cadre précis. L'article D1434-44 du Code de la santé publique prévoit que la CPTS peut verser des indemnités ou des rémunérations à ses membres.

Le texte distingue deux cas. Les indemnités compensent une perte de revenus liée aux fonctions exercées dans la CPTS. Les rémunérations correspondent à la contrepartie de la participation des membres à la réalisation des missions de service public.

Le même article fixe une limite importante : pour chaque professionnel, la somme totale des indemnités ou rémunérations perçues sur une année civile ne peut pas dépasser la valeur annuelle du plafond de la sécurité sociale. En 2026, le PASS annuel est fixé à 48 060 euros.

Important : ce plafond n'autorise pas à rémunérer n'importe quoi. Chaque versement doit correspondre à une mission, à un temps réellement mobilisé et à une décision correctement documentée.

Pour la CPTS, cela implique une vraie discipline :

  • fiches de mission claires ;
  • décisions de gouvernance traçables ;
  • pièces justificatives du temps ou des actions ;
  • ventilation distincte entre indemnité et rémunération ;
  • suivi annuel par membre.

Sans cette rigueur, les flux deviennent difficiles à justifier en cas de contrôle ou de relecture interne.

CPTS, MSP et SISA : qui fait quoi

Une CPTS et une MSP peuvent coopérer très étroitement, mais elles n'ont pas le même rôle. La MSP organise une équipe de soins autour d'un projet commun de proximité. La SISA sert souvent de véhicule pour certaines rémunérations et activités communes de la MSP. La CPTS, elle, monte d'un cran et coordonne un territoire plus large.

Le tableau ci-dessous évite les glissements les plus fréquents.

CadreÉchelleVéhicule habituelCe qu'il porte
MSPéquipe de proximitévariable selon le montageprojet de santé d'une équipe
SISAéquipe pluriprofessionnellesociété civilecertains flux et activités communes de soins ambulatoires
CPTSterritoireassociation loi 1901coordination territoriale et missions de service public

Une CPTS n'absorbe donc pas votre MSP. Elle l'articule avec d'autres acteurs du territoire. De même, une SISA ne se transforme pas en CPTS : elle n'a ni la même forme juridique, ni la même vocation, ni le même périmètre.

Une autre confusion fréquente concerne le DAC, le dispositif d'appui à la coordination. Le DAC n'est pas une CPTS bis. Il intervient comme ressource d'appui pour des parcours complexes, alors que la CPTS est portée par les professionnels du territoire eux-mêmes et organise des réponses plus larges sur l'accès aux soins, la prévention ou les soins non programmés. De la même façon, un centre de santé n'est pas une CPTS : il s'agit d'une structure de soins avec ses propres professionnels salariés, quand la CPTS reste un cadre de coordination entre acteurs déjà installés.

À savoir : quand un projet commence à parler à la fois de MSP, SISA, CPTS, DAC et centre de santé, le vrai sujet n'est plus seulement juridique. Il devient organisationnel et comptable. Qui signe ? Qui encaisse ? Qui emploie ? Qui pilote les missions ? C'est ce tri préalable qui évite ensuite les doublons de structure ou les flux mal affectés.

Pour le choix entre ces cadres, vous pouvez aussi consulter le comparatif SCM, MSP, SISA et CPTS et le guide dédié à la SISA.

La comptabilité d'une CPTS au quotidien

La comptabilité d'une CPTS est celle d'une association qui gère des financements fléchés, des dépenses de coordination, parfois des salaires, et parfois des indemnités ou rémunérations versées à ses membres. Même si la structure n'est pas une société commerciale, la tenue comptable doit être propre dès le départ.

Concrètement, la CPTS enregistre :

  • les financements ACI et autres aides perçues ;
  • les frais de coordination, de réunion, d'animation et de communication ;
  • les salaires éventuels, notamment d'un coordinateur ;
  • les achats d'outils, prestations externes et frais de projet ;
  • les indemnités ou rémunérations versées aux membres.

Le point central n'est pas seulement de comptabiliser, mais de rattacher chaque dépense à sa mission. Une CPTS bien tenue doit pouvoir expliquer quel financement a servi à quoi, et quelle action justifie chaque versement sensible.

Bon à savoir : la première erreur n'est pas l'oubli d'une facture, mais le mélange des flux. Une indemnité de membre, un remboursement de frais, un salaire et une prestation externe n'ont ni la même logique ni le même traitement.

En pratique, un compte bancaire dédié, un budget par mission et une revue régulière des justificatifs font gagner beaucoup de temps au moment de produire les bilans d'activité et d'expliquer les dépenses aux partenaires. L'accompagnement Fint Care peut aussi aider à séparer les flux associatifs des flux de votre cabinet.

Fiscalité : où se situe la vraie prudence

L'article L1434-12-2 du Code de la santé publique prévoit que lorsqu'une CPTS a conclu la convention prévue par le texte, elle bénéficie d'aides spécifiques et d'exonérations fiscales prévues notamment au 1 de l'article 207 et à l'article 1461 A du Code général des impôts, pour compenser la charge des missions de service public exercées.

La bonne lecture n'est donc pas "une CPTS ne paie jamais rien". La lecture juste est plus fine : les ressources perçues au titre des missions de service public conventionnées bénéficient d'un régime favorable prévu par les textes. En revanche, toute recette accessoire ou activité qui sortirait de ce périmètre mérite une qualification spécifique.

Cela impose deux réflexes :

RéflexePourquoi
isoler les ressources conventionnéespour sécuriser le bénéfice des exonérations prévues
documenter les autres produits éventuelspour éviter de traiter comme exonéré un flux qui ne l'est pas clairement
À noter : la prudence fiscale sur une CPTS n'est pas un luxe. Les montages deviennent vite hybrides quand la structure finance de la coordination, des prestations externes, des événements ou des outils mutualisés.

Pour ce point, un accompagnement comptable spécialisé évite de raisonner avec les réflexes d'une SCM ou d'un cabinet individuel. Les flux n'ont pas la même nature.

Les erreurs qui coûtent le plus cher

Les erreurs les plus fréquentes tiennent moins au droit pur qu'au décalage entre l'ambition affichée et les moyens réels.

La première consiste à créer une CPTS trop large, avec un territoire artificiel et trop peu de porteurs. Le projet devient alors impossible à animer. La deuxième consiste à signer une gouvernance floue : personne ne sait qui décide, qui valide les dépenses, qui suit les indicateurs et qui parle avec l'ARS ou la CPAM. La troisième consiste à traiter les financements comme une cagnotte globale sans fléchage par mission.

Il faut ajouter trois risques très concrets :

  • promettre trop de missions dès la première année ;
  • indemniser des membres sans cadre documenté ;
  • confondre coordination territoriale et exercice en commun des soins.
Important : une CPTS n'est pas faite pour contourner les règles de votre structure d'exercice. Si vous cherchez à répartir des recettes de soins entre professions, vous êtes dans un autre sujet.

Une CPTS est-elle faite pour votre territoire

Une CPTS est pertinente quand les problèmes à résoudre dépassent le périmètre d'un cabinet ou d'une maison de santé : accès au médecin traitant, soins non programmés, coordination entre ville et hôpital, prévention territoriale, attractivité du territoire ou gestion de crise.

Elle l'est beaucoup moins si votre besoin réel est plus modeste : partager des frais, organiser un cabinet de groupe ou structurer une équipe de proximité unique. Dans ce cas, une SCM, une MSP ou une SISA sera souvent plus adaptée.

Le bon test consiste à poser trois questions simples :

  1. parlons-nous d'un territoire ou seulement d'une équipe ?
  2. avons-nous des missions collectives à grande échelle ou seulement des charges à mutualiser ?
  3. sommes-nous prêts à piloter une gouvernance associative et des indicateurs ?

Si la réponse est non à ces trois questions, la CPTS n'est probablement pas votre premier besoin. Si la réponse est oui, alors il faut cadrer le projet, le véhicule et les flux avant de signer quoi que ce soit.

Pour arbitrer ce type de montage, Fint accompagne les professionnels de santé sur leurs structures, leurs flux et leurs obligations, de la coordination santé aux véhicules plus techniques.

En résumé

Une CPTS fonctionne comme une coordination territoriale portée en principe par une association loi 1901. Elle s'appuie sur un projet de santé, une convention avec l'ARS et la CPAM, et des financements forfaitaires liés à des missions d'accès aux soins, de parcours, de prévention, de qualité, d'accompagnement des professionnels et de réponse aux crises sanitaires.

Elle ne remplace ni votre cabinet, ni votre BNC, ni votre société d'exercice. Elle ajoute une couche de gouvernance, de financement et de coordination à l'échelle d'un territoire. Bien montée, elle fluidifie les parcours et finance une vraie organisation collective. Mal cadrée, elle mélange les flux, dilue les responsabilités et crée des difficultés comptables évitables.

En pratique, les communautés professionnelles territoriales de santé sont des réseaux d'acteurs de santé. Ces communautés professionnelles répondent à un besoin simple : améliorer l'accès aux soins, faciliter la prise en charge autour du médecin généraliste, organiser le travail collectif, la formation et l'organisation des soins sur le territoire.

Dans ces communautés professionnelles territoriales de santé, le médecin généraliste reste souvent la porte d'entrée du réseau territorial. Ce réseau aide à répondre plus vite aux besoins, à coordonner les initiatives communes et à sécuriser la prise en charge quand plusieurs professionnels de santé interviennent autour d'un même patient.

Les questions fréquentes (FAQ)

Une CPTS est-elle obligatoirement une association ?

Oui, l'article L1434-12-1 du Code de la santé publique prévoit que la CPTS est constituée sous la forme d'une association régie par la loi du 1er juillet 1901, ou par le droit local en Alsace-Moselle.

Une CPTS peut-elle facturer les actes de soins de ses membres ?

Non. Les actes restent facturés par les professionnels dans leur structure d'exercice habituelle. La CPTS organise des missions territoriales et reçoit des financements dédiés à ces missions ; elle ne devient pas le cabinet commun de ses membres.

Quelles sont les missions d'une CPTS ?

Le Code de la santé publique en liste six : amélioration de l'accès aux soins, organisation des parcours, prévention, qualité et pertinence des soins, accompagnement des professionnels de santé sur le territoire et participation à la réponse aux crises sanitaires.

Comment une CPTS est-elle financée ?

Principalement par l'ACI, qui prévoit une enveloppe de fonctionnement et des enveloppes par mission. Les montants varient selon la taille du bassin de vie et l'avancement des missions.

Un membre de CPTS peut-il être rémunéré ?

Oui. L'article D1434-44 du Code de la santé publique autorise le versement d'indemnités ou de rémunérations aux membres, dans un cadre précis et dans la limite annuelle du plafond de la sécurité sociale.

Quelle différence entre une CPTS et une SISA ?

La CPTS coordonne un territoire et fonctionne en principe sous forme associative. La SISA est une société civile de soins ambulatoires conçue pour porter certaines activités et rémunérations communes d'une équipe pluriprofessionnelle, souvent dans le cadre d'une MSP.

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Cofondateur

Elouan est cofondateur de Fint, qu'il a lancé aux côtés de Boris Bruel. Il porte le développement de la marque avec une double casquette : côté CTO, il construit le produit et la plateforme ; côté direction artistique, il façonne l'identité visuelle et l'expérience de Fint. Au quotidien, il navigue entre la tech, le design et le contenu pour donner à la marque une voix cohérente et reconnaissable. Sur le blog, Elouan écrit sur à peu près tous les sujets, avec une obsession : familiariser les entrepreneurs avec la comptabilité et simplifier des notions souvent perçues comme complexes ou intimidantes. Sa philosophie tient en une phrase : si on fait quelque chose, on le fait à fond, sinon on ne le fait pas. Elle se ressent dans le soin apporté à chaque article, chaque visuel et chaque détail de l'expérience. En dehors du bureau, on le croise le plus souvent suspendu à une voie d'escalade ou à la salle de sport. Et s'il fallait lui trouver une faiblesse : un amour assumé et sans limite pour les flans.

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