Faut-il créer une SCM entre médecins pour partager son cabinet ?

18 juillet 2026
12 min
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Elouan Vienne
Cofondateur
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Médecins associés partageant un cabinet de groupe en SCM

Ce qu'est une SCM entre médecins (et ce qu'elle n'est pas)

La société civile de moyens a un objet strictement défini par la loi : faciliter l'exercice de ses membres en mettant en commun des moyens matériels et humains. Réservée aux professions libérales, elle exige au minimum deux associés, sans maximum. Ses associés peuvent relever de professions différentes, ce qui permet de réunir dans un même cabinet des médecins, des kinésithérapeutes ou des infirmiers. Une SCM ne partage jamais les honoraires, n'a pas de patientèle commune et n'exerce pas la médecine à votre place.

Concrètement, chaque médecin associé conserve l'intégralité de son activité, sa propre patientèle et son bénéfice non commercial (BNC). La SCM se contente de porter le local, la secrétaire, le matériel médical ou les logiciels, puis de refacturer à chacun sa quote-part de charges. C'est une caisse commune de dépenses, pas une société qui produit des recettes.

Bon à savoir : la SCM est le cadre du cabinet de groupe classique. Vous mutualisez les coûts fixes tout en restant totalement indépendant sur le plan médical et sur celui de vos revenus. Chaque associé signe ses propres feuilles de soins.

Cette neutralité fait la simplicité de la SCM, mais aussi sa limite : elle ne convient pas à un projet où vous voudriez partager des recettes ou percevoir des financements collectifs. Pour cadrer votre montage, notre page dédiée à la création d'une SCM détaille les points de vigilance juridiques.

SCM, SCP, SEL ou SISA : laquelle choisir ?

Quatre structures reviennent sans cesse quand des médecins veulent s'associer, et elles répondent à des besoins différents. Confondre l'objet d'une SCM avec celui d'une SCP ou d'une SISA est l'erreur la plus fréquente au moment de choisir. La distinction tient à une seule question : mettez-vous en commun des moyens, ou aussi des recettes ?

La SCP, société d'exercice avec partage des honoraires

Dans une société civile professionnelle, les associés exercent en commun, partagent les honoraires et forment une clientèle commune. À l'inverse, la SCM ne partage que les charges. Si deux médecins veulent additionner leurs recettes dans un pot commun réparti selon une clé, ils relèvent de la SCP, pas de la SCM.

La SEL, structure d'exercice et de transmission

La société d'exercice libéral (SEL) permet d'exercer une profession libérale sous une forme proche des sociétés de capitaux, avec une imposition des bénéfices à l'impôt sur les sociétés. Elle sert à structurer et transmettre une activité, pas à mutualiser des frais entre confrères indépendants. La SEL exerce la médecine, la SCM jamais.

La SISA, seule voie vers les financements collectifs

La société interprofessionnelle de soins ambulatoires (SISA) a été créée par la loi Fourcade du 10 août 2011. C'est la seule forme qui autorise le partage de rémunérations entre professionnels de santé de professions différentes et l'accès aux nouveaux modes de rémunération (les financements de type ACI versés aux maisons de santé). Une SCM peut héberger une maison de santé, mais elle ne donne jamais accès à ces financements collectifs.

À noter : si votre projet est une maison de santé pluriprofessionnelle avec accès aux financements de l'Assurance maladie, la SISA est incontournable. La SCM reste pertinente pour la seule mutualisation des murs et du personnel.

Pour un panorama complet des enjeux comptables et fiscaux propres à votre profession, consultez notre page expert-comptable pour médecins.

Les moyens que vous pouvez mutualiser

Une SCM peut porter l'ensemble des moyens nécessaires à votre exercice : le local (en location ou en propriété), le mobilier, le matériel médical, les équipements informatiques, les logiciels métier, les consommables, et surtout le personnel salarié comme une secrétaire médicale ou une aide-soignante. Elle règle les factures communes, puis refacture à chaque associé sa part.

Ce que la SCM ne partage jamais, c'est votre activité de soins. Vos honoraires vous restent acquis en totalité, votre patientèle est la vôtre, votre responsabilité médicale reste strictement personnelle et vous déclarez seul votre BNC. La SCM n'intervient que sur la logistique et les coûts.

Important : ne faites jamais transiter d'honoraires par le compte de la SCM. Un mélange entre les recettes de soins et les flux de la société de moyens dénature l'objet civil de la SCM et peut entraîner une requalification fiscale lourde. La SCM n'encaisse que les appels de fonds des associés.

Comment la SCM est-elle imposée ?

La SCM est une société civile fiscalement transparente. Par principe, elle relève de l'impôt sur le revenu : elle ne paie pas d'impôt en son nom propre et n'a pas de bénéfice imposable à son niveau. Ce sont les associés qui, chacun pour sa quote-part, intègrent les charges de la SCM dans leur propre résultat.

En pratique, la SCM totalise ses dépenses de l'exercice, les répartit entre les associés selon les clés prévues aux statuts, puis chaque médecin reporte sa quote-part de charges sur sa déclaration professionnelle 2035. Ces frais viennent en déduction de ses recettes d'honoraires, comme s'il les avait supportés directement.

Bon à savoir : une option pour l'impôt sur les sociétés existe mais reste rare et rarement pertinente pour une SCM médicale. Elle fait perdre la transparence, complique la refacturation et n'apporte aucun avantage dans la logique de simple mutualisation de moyens.

La SCM ne crée donc aucune couche d'imposition supplémentaire : elle fait circuler les charges vers la 2035 de chacun. Encore faut-il matérialiser cette répartition dans le bon formulaire.

La déclaration 2036, document fiscal central

Même sans impôt à payer, la SCM a une obligation déclarative : elle dépose chaque année une déclaration de résultat n° 2036 (formulaire 2036-SD). Cette déclaration ne calcule pas d'impôt sur la société ; elle sert à ventiler les dépenses de l'exercice entre les associés et à justifier la quote-part que chacun reportera sur sa 2035.

La 2036 détaille les dépenses par nature (loyers, salaires et charges sociales du personnel, matériel, entretien, assurances) et l'état de répartition entre associés. Toutes les SCM déposent le 2036-SD, quel que soit le montant de leurs dépenses et quelle que soit la catégorie d'imposition de leurs associés. Seules celles qui ont opté pour l'imposition d'après leur bénéfice réel y ajoutent la déclaration complémentaire 2036-BIS-SD.

À noter : la cohérence entre la 2036 de la SCM et les quotes-parts reportées sur chaque 2035 est un point de contrôle classique de l'administration. Un écart entre les deux attire l'attention. La tenue d'une comptabilité propre à la SCM est donc indispensable.

Pour comprendre le remplissage ligne à ligne de ce formulaire, notre guide dédié à la déclaration 2036 de la SCM vous accompagne dans le détail. C'est le document qui fait le lien entre la comptabilité de la société et votre fiscalité personnelle.

TVA : l'exonération de l'article 261 B du CGI

Par principe, les remboursements de frais qu'une SCM demande à ses associés constituent des prestations de services soumises à la TVA. Mais l'article 261 B du Code général des impôts prévoit une exonération spécifique, précieuse pour les médecins, dont l'activité de soins est elle-même exonérée de TVA.

Cette exonération s'applique à deux conditions cumulatives. D'abord, les membres doivent exercer une activité exonérée de TVA ou hors de son champ, ce qui est le cas de la quasi-totalité des actes médicaux. Ensuite, les sommes réclamées à chaque associé doivent correspondre exactement à sa part dans les dépenses communes, au prix coûtant, sans marge.

Deux limites sont régulièrement oubliées. L'exonération ne couvre que les prestations de services : une livraison de biens reste taxable, y compris au profit d'un associé. Et les services rendus à une personne extérieure au groupement sont soumis à la TVA dans les conditions de droit commun. Une SCM qui accueille un confrère non associé contre participation aux frais sort donc du cadre de l'article 261 B.

Important : l'exonération peut tomber pour tous les associés si l'un d'eux réalise des opérations taxables au-delà d'un certain seuil. Une tolérance admet des recettes taxables tant qu'elles restent inférieures à 20 % des recettes totales du membre. Au-delà, l'exonération de la SCM est remise en cause pour l'ensemble du groupe.

Ce point mérite une vigilance particulière si un associé développe une activité annexe soumise à TVA (expertises, formations, ventes). Un simple dérapage au-dessus du seuil peut assujettir toute la refacturation de la SCM. Faites cadrer votre situation par un expert-comptable spécialisé santé avant que l'activité ne se diversifie.

Jusqu'où répondez-vous des dettes de la SCM ?

La responsabilité des associés d'une SCM obéit à l'article 1857 du Code civil, propre aux sociétés civiles. Les associés répondent indéfiniment des dettes de la société, c'est-à-dire sur l'ensemble de leur patrimoine personnel et au-delà de leur seul apport. C'est un point qui distingue nettement la société civile des sociétés à responsabilité limitée.

Mais cette responsabilité n'est pas solidaire : elle est conjointe, à proportion de la part de chacun dans le capital social. Un créancier ne peut donc pas réclamer l'intégralité de la dette à un seul associé. S'il détient un tiers des parts, un médecin ne répond que d'un tiers de la dette sociale, pas de sa totalité.

Bon à savoir : la responsabilité des associés est également subsidiaire. Le créancier doit d'abord poursuivre la SCM elle-même, sans succès, avant de pouvoir se retourner contre le patrimoine des associés. La SCM sert donc de premier rempart.

En pratique, comme une SCM médicale porte surtout un bail, des salaires et du matériel, son passif reste maîtrisé. Les engagements à surveiller sont le bail professionnel et les contrats de travail du personnel, qui représentent des sommes durables.

Côté assurance, la répartition des rôles est nette. La SCM n'exerce pas la médecine : elle n'a donc aucune responsabilité civile médicale à couvrir. Cette obligation d'assurance reste personnelle à chaque médecin associé, au titre de l'article L.1142-2 du code de la santé publique, et son défaut est sanctionné sur le plan disciplinaire. La société, de son côté, assure ses propres risques : locaux, matériel et qualité d'employeur.

Les clés de répartition des charges

La répartition des dépenses entre associés est fixée librement par les statuts, et c'est un choix structurant qu'il faut soigner dès la création. Trois grandes logiques coexistent, souvent combinées selon la nature des frais.

La répartition par parts égales convient quand les associés utilisent les moyens de façon comparable. La répartition au prorata d'utilisation (surface occupée, temps de présence, nombre de vacations, actes réalisés) est plus juste quand les usages diffèrent, mais plus complexe à suivre. Enfin, le forfait par poste sert pour certaines charges nettement individualisables, comme un logiciel propre à un praticien.

À noter : rien n'oblige à appliquer la même clé à toutes les dépenses. Beaucoup de SCM répartissent le loyer au prorata des mètres carrés occupés, la secrétaire au prorata du temps d'utilisation et les charges générales à parts égales. La cohérence de ces clés évite les tensions entre associés.

Ces clés doivent être écrites et appliquées de façon constante. Une répartition trop éloignée de l'utilisation réelle peut être contestée par un associé comme par l'administration, au regard de la condition d'exactitude exigée pour l'exonération de TVA.

Créer votre SCM : les étapes

La création d'une SCM suit un parcours désormais dématérialisé. Vous rédigez d'abord les statuts, qui fixent l'objet, le capital, la répartition des parts, l'identité du ou des gérants et les clés de répartition des charges. Le capital social est libre : aucun montant minimum n'est imposé, et il peut être symbolique.

Vous nommez ensuite un gérant, associé ou non, chargé de la gestion courante et des relations avec les tiers. Vous publiez un avis de constitution dans un support d'annonces légales, puis vous déposez la demande d'immatriculation sur le guichet unique de l'INPI, qui transmet aux organismes compétents et attribue le numéro SIREN de la société.

Bon à savoir : le budget de création d'une SCM reste modeste, dominé par la publication de l'annonce légale et, si vous les déléguez, les honoraires de rédaction des statuts. C'est l'un des montages d'association les plus accessibles pour des médecins.

Ne négligez pas la rédaction des statuts sous prétexte de simplicité. La cession de parts d'une société civile suppose en principe l'agrément de tous les associés, selon l'article 1861 du code civil, sauf clause statutaire prévoyant une majorité différente. Fixez dès le départ le préavis de sortie, les modalités d'évaluation des parts et le sort du bail : ce sont ces clauses qui préviennent les conflits.

Faut-il transmettre vos statuts au conseil de l'Ordre ?

C'est l'étape que les guides généralistes oublient et que votre conseil départemental, lui, n'oubliera pas. L'article R.4127-91 du code de la santé publique impose que toute société entre médecins en vue de l'exercice de la profession fasse l'objet d'un contrat écrit respectant l'indépendance professionnelle de chacun. Les statuts et leurs avenants doivent être communiqués au conseil départemental de l'ordre, qui vérifie leur conformité aux principes du code de déontologie.

Quand la SCM réunit des médecins et des membres d'autres professions de santé, le conseil départemental transmet la convention au conseil national, chargé d'examiner sa compatibilité avec les lois en vigueur et avec l'indépendance des médecins. Vous pouvez soumettre votre projet de statuts en amont : le conseil départemental dispose alors d'un mois pour faire connaître ses observations.

Bon à savoir : le Conseil national de l'Ordre des médecins publie un modèle de statuts de SCM. Le prendre comme trame limite les allers-retours avec votre conseil départemental, sans vous dispenser d'adapter les clés de répartition et les clauses de sortie à votre situation réelle.

L'embauche de la secrétaire médicale

Dès lors que la SCM salarie une secrétaire médicale, une assistante ou un agent d'entretien, c'est elle qui devient l'employeur, avec toutes les obligations attachées. Contrat de travail, déclaration préalable à l'embauche, bulletins de paie, cotisations sociales patronales et salariales, médecine du travail : la SCM porte l'ensemble de ces charges, qu'elle refacture ensuite aux associés.

Cette centralisation simplifie la vie du cabinet : une seule fiche de paie pour la secrétaire, un seul interlocuteur social. Les associés, eux, restent travailleurs non salariés (TNS) au titre de leur activité médicale : la SCM ne change rien à leur propre statut social, ils cotisent toujours sur leur BNC personnel.

Important : ne confondez pas les deux niveaux de cotisations. La SCM cotise en tant qu'employeur pour ses salariés ; vous cotisez en tant que médecin libéral sur vos honoraires. La SCM n'ouvre aucun droit social pour les associés eux-mêmes.

La paie et le suivi des charges sociales du personnel de la SCM font partie des tâches où un accompagnement comptable dédié apporte le plus de sécurité.

Quand la SCM ne suffit-elle plus ?

La SCM reste la bonne réponse tant que plusieurs médecins veulent seulement partager des locaux, du matériel et du personnel tout en gardant chacun sa patientèle, ses honoraires et son indépendance. C'est le montage naturel du cabinet de groupe monoprofessionnel où l'on mutualise les coûts sans rien mettre en commun sur le plan médical.

Elle devient inadaptée dès que le projet suppose de partager des recettes, de percevoir des financements collectifs ou d'associer des professions différentes autour d'un projet de santé. Dans ces cas, la SISA s'impose pour une maison de santé, la SCP pour un exercice en commun avec partage d'honoraires, la SEL pour structurer et transmettre une activité.

À noter : rien n'interdit de combiner les structures. De nombreux médecins exercent en SEL tout en étant associés d'une SCM qui porte les moyens du cabinet. La SCM se superpose alors à la structure d'exercice sans s'y substituer.

Le bon choix dépend de votre horizon : mutualiser des frais aujourd'hui, ou construire un projet de soins partagé et financé demain. Un conseil spécialisé dans les professions de santé sécurise cet arbitrage avant la rédaction des statuts.

Les erreurs qui coûtent le plus cher

La première erreur consiste à faire transiter des honoraires par la SCM, ce qui dénature son objet civil et expose à une requalification. La deuxième est de négliger les clés de répartition, sources de tensions entre associés et de risque au regard de l'exonération de TVA. La troisième est d'oublier la déclaration 2036 ou de la remplir sans cohérence avec les 2035 individuelles.

D'autres pièges tiennent au manque d'anticipation : absence de clause claire sur la sortie d'un associé, bail mal calibré au regard de la durée du projet, ou diversification d'un associé en activité taxable sans mesurer l'effet de seuil sur la TVA de tout le groupe. Chacun de ces points se traite au moment de la création, difficilement après.

Bon à savoir : une SCM bien tenue est une SCM ennuyeuse, où les flux sont limpides et les répartitions écrites. C'est justement cette simplicité qui la rend robuste dans le temps.

Une comptabilité propre à la SCM et une revue annuelle des clés de répartition suffisent à écarter la plupart de ces difficultés. Pour toute question sur votre projet d'association, vous pouvez prendre rendez-vous avec un expert-comptable Fint.

La comptabilité au quotidien

Une SCM tient sa propre comptabilité, distincte de celle de chaque médecin. Elle enregistre ses factures d'achat, ses salaires, ses règlements et les appels de fonds versés par les associés pour couvrir les dépenses. Cette comptabilité alimente directement la déclaration 2036 et l'état de répartition des charges entre les membres, pièce maîtresse du dossier. Les comptes sont ensuite approuvés en assemblée générale, au moins une fois par an, et la décision consignée dans un procès-verbal conservé avec les statuts.

Le rythme de trésorerie est un point souvent sous-estimé. La SCM doit disposer des fonds pour régler le loyer et les salaires avant même d'avoir appelé les associés : il faut donc caler la périodicité des appels de fonds (mensuelle ou trimestrielle) sur les échéances réelles des charges. Un décalage mal géré crée des tensions de trésorerie sur une structure qui, par nature, n'a aucune recette propre.

À noter : prévoyez dès la création un compte bancaire dédié à la SCM et un règlement d'appels de fonds clair. La société ne vivant que des versements des associés, sa trésorerie doit être anticipée poste par poste, sans compter sur des rentrées d'honoraires qui n'existent pas.

La rigueur comptable de la SCM sert directement votre fiscalité personnelle : plus la répartition des charges est documentée, plus la quote-part reportée sur votre 2035 est sécurisée en cas de contrôle.

En résumé

La SCM médecin est une société civile de moyens dont l'objet exclusif est de mutualiser les locaux, le matériel et le personnel, sans jamais partager les honoraires ni la patientèle. Fiscalement transparente, elle relève de l'impôt sur le revenu, dépose une déclaration 2036 et transmet à chaque associé sa quote-part de charges à reporter sur sa 2035.

Ses remboursements de frais sont en principe exonérés de TVA au titre de l'article 261 B du CGI, sous condition d'activité exonérée des membres et de refacturation au prix coûtant exact. La responsabilité des associés est indéfinie mais conjointe, à proportion des parts, et subsidiaire. Simple à créer via le guichet unique de l'INPI, la SCM reste le cadre du cabinet de groupe, à distinguer de la SCP, de la SEL et de la SISA selon votre projet.

Les questions fréquentes (FAQ)

Quelle est la différence entre une SCM et une SCP pour des médecins ?

La SCM met uniquement en commun des moyens (local, matériel, personnel) sans partager les honoraires : chaque médecin garde sa patientèle et son BNC. La SCP est une société d'exercice où les associés exercent en commun, partagent les honoraires et ont une clientèle commune. La SCM mutualise les charges, la SCP mutualise l'activité et les recettes.

La SCM paie-t-elle des impôts ?

Non, la SCM est fiscalement transparente et ne paie pas d'impôt en son nom. Elle relève par principe de l'impôt sur le revenu et n'a pas de bénéfice imposable propre. Elle dépose une déclaration 2036 qui répartit ses dépenses entre associés, et chaque médecin reporte sa quote-part de charges sur sa propre déclaration 2035.

La SCM d'un médecin est-elle soumise à la TVA ?

En principe, les remboursements de frais sont soumis à la TVA, mais l'article 261 B du CGI prévoit une exonération. Elle s'applique si les membres exercent une activité exonérée de TVA, comme les soins médicaux, et si les sommes réclamées correspondent exactement à la quote-part de chacun, au prix coûtant. Une activité taxable dépassant 20 % des recettes d'un associé peut faire tomber l'exonération pour tous.

Quelle est la responsabilité d'un médecin associé d'une SCM face aux dettes ?

Selon l'article 1857 du Code civil, l'associé répond indéfiniment des dettes de la SCM sur son patrimoine personnel, mais de façon non solidaire. Sa responsabilité est conjointe, à proportion de sa part dans le capital : un associé détenant un tiers des parts ne répond que d'un tiers de la dette. Elle est aussi subsidiaire, le créancier devant d'abord poursuivre la SCM.

Faut-il une SCM ou une SISA pour créer une maison de santé ?

Pour une maison de santé pluriprofessionnelle qui associe des professions différentes et perçoit des financements de l'Assurance maladie, la SISA est indispensable : c'est la seule forme, créée par la loi Fourcade de 2011, permettant le partage de rémunérations et l'accès à ces financements. La SCM peut porter les murs d'une maison de santé mais n'ouvre jamais droit à ces financements collectifs.

Combien coûte la création d'une SCM ?

Le capital social d'une SCM est libre, sans minimum, et peut être symbolique. Le budget de création se limite pour l'essentiel à la publication de l'annonce légale et, si vous les déléguez, aux honoraires de rédaction des statuts. L'immatriculation se fait sur le guichet unique de l'INPI. C'est l'un des montages d'association les plus accessibles pour des médecins.

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Cofondateur

Elouan est cofondateur de Fint, qu'il a lancé aux côtés de Boris Bruel. Il porte le développement de la marque avec une double casquette : côté CTO, il construit le produit et la plateforme ; côté direction artistique, il façonne l'identité visuelle et l'expérience de Fint. Au quotidien, il navigue entre la tech, le design et le contenu pour donner à la marque une voix cohérente et reconnaissable. Sur le blog, Elouan écrit sur à peu près tous les sujets, avec une obsession : familiariser les entrepreneurs avec la comptabilité et simplifier des notions souvent perçues comme complexes ou intimidantes. Sa philosophie tient en une phrase : si on fait quelque chose, on le fait à fond, sinon on ne le fait pas. Elle se ressent dans le soin apporté à chaque article, chaque visuel et chaque détail de l'expérience. En dehors du bureau, on le croise le plus souvent suspendu à une voie d'escalade ou à la salle de sport. Et s'il fallait lui trouver une faiblesse : un amour assumé et sans limite pour les flans.

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